A l’approche de la dernière Manche du Championnat du monde en Australie, Citroën Racing a expliqué ses ambitions et pense être en bonne position avec le recrutement de Sébastien Ogier. Pierre Budar a répondu aux questions des journalistes.

 

Que va changer l’arrivée de Sébastien Ogier et du Finlandais Esapekka Lappi en 2019  ?

“Si on a fait ce choix, c’est qu’on avait des ambitions pour l’équipe qui sont convergentes avec celles de ces pilotes. Quand on a un pilote du niveau de Sébastien Ogier, on ne peut viser que le titre, et évidemment ce sera notre ambition. Lappi est lui un jeune pilote extrêmement prometteur au vu de son peu d’expérience en WRC. Il n’est là que depuis un an et il fait des résultats déjà vraiment très probants. On peut s’attendre à ce qu’il ait encore une marge de progression très grande. Avoir dans notre écurie un jeune pilote de ce potentiel aux côtés d’un multiple champion du monde, cela fait un binôme très intéressant, en espérant que Lappi bénéficie de l’expérience de son aîné. On lui souhaite le même avenir.”

Citroën n’a pas décroché de titre depuis 2012, comment allez-vous gérer la pression ?

“On fera tout pour renouer avec le succès, c’est le sens de ce recrutement. Cependant, il faut aussi prendre en compte le niveau actuel du championnat, le plus élevé parmi les grands championnats en sports mécaniques. Je ne m’attendais pas à quelque chose de facile. Ceci étant, on a un niveau de compétitivité qui est à la fois très élevé et très équilibré. A chaque rallye, on retrouve des voitures différentes qui ont finalement des performances très proches, plusieurs pilotes qui peuvent gagner dans des écuries différentes, ce qui est très intéressant. C’est peut-être ça le plus surprenant, de voir combien on a tous nos chances avant le départ de pouvoir bien faire.”

Aurez-vous les moyens d’engager une troisième voiture à temps plein ?

“On a le budget pour participer au WRC l’année prochaine et l’année d’après au moins. Mais on ne sait pas encore si on va engager une troisième voiture en 2019 car on a des discussions en cours avec certains partenaires qui ne sont pas finalisées. On décidera quand on aura toutes les réponses et seulement si on est dans des conditions favorables pour le faire. Il n’y a aucune obligation. Ce qui est important, c’est que ce qu’on va faire, on le fasse bien. Je préfère avoir deux voitures exploitées le mieux possible qu’en aligner absolument une troisième sans avoir les conditions suffisantes.”

Sébastien Loeb reviendra-t-il pour un programme partiel l’an prochain, comme en 2018 ? 

“Il est évident que chaque présence de Sébastien dans l’écurie génère beaucoup d’engouement de la part de ses fans, il y a beaucoup d’enthousiasme et c’est très sympa de voir combien il est considéré. Il reste un pilote du groupe PSA, on a une très longue histoire avec lui qui évidemment a laissé des traces. On est plus que partenaires, c’est autre chose qui s’est créé entre nous. On fera tout pour qu’il ait une activité en lien avec nous au sens large. Pour l’instant, on n’a encore rien décidé.”

Où en est la C3, qu’on dit performante sur asphalte mais en retrait sur d’autres surfaces ?

“La voiture a beaucoup progressé, elle a d’ailleurs fait des performances tout à fait remarquables sur terre récemment. Vu le niveau du championnat, tout le monde travaille et fait des développements pour améliorer sa voiture. On a prévu de la tester sur toutes les surfaces avec nos deux nouveaux pilotes. On va donc être très à l’écoute de ce qu’ils vont renvoyer comme jugements.”

Propos recueillis par Septime MEUNIER.