À 39 ans, Gaël Monfils a encore livré une bataille intense avant de céder face au Canadien Félix Auger‑Aliassime au deuxième tour du Masters 1000 d’Indian Wells. Une défaite qui dit autant la qualité de son adversaire que la persistance d’un compétiteur hors du temps.
Sur le court californien où tant de carrières se sont relancées, Gaël Monfils a prouvé une fois encore que son plaisir de jouer restait intact. Invité par les organisateurs, le Français a fait vibrer le public au fil d’un match accroché, avant de s’incliner (7‑6, 3‑6, 4‑6) face à Félix Auger‑Aliassime, 9e mondial et désormais solide pilier du circuit.
Monfils, la classe intemporelle
Sous le soleil de la Californie, le vétéran tricolore a longtemps résisté à la puissance et à la constance du Canadien. Le premier set, conquis au tie‑break, a rappelé tout le talent du Parisien : déplacements vifs, coups d’éclat et sens du spectacle. Mais dans la durée, l’énergie de ses 25 ans de carrière a fini par peser face au tempo régulier d’un adversaire en pleine maturité.
Auger‑Aliassime, qui semble enfin stabiliser son niveau après une saison 2025 en dents de scie, a ensuite pris le contrôle du match. Appuyé sur un service précis et un revers solide, il a imposé son rythme jusqu’à s’offrir une victoire logique mais loin d’être facile. « Jouer Gaël, c’est toujours particulier, a reconnu le Canadien après coup. Son expérience et sa créativité forcent le respect. »
Monfils, lui, a quitté le court sous les applaudissements, sourire aux lèvres. À 39 ans et désormais 148e mondial, le Français garde l’élégance de ceux qui jouent avant tout pour le plaisir. Deux jours plus tôt, il avait dominé un autre Canadien, Alexis Galarneau, confirmant qu’il restait compétitif malgré l’usure du temps et les blessures.
Un voyage qui continue
Pour le clan Monfils, Indian Wells garde une saveur particulière. C’est ici qu’il avait découvert le tournoi en 2005, jeune espoir du tennis français, et qu’il avait signé en 2016 un quart de finale prometteur avant de céder face à Milos Raonic. En 2019, blessure à un tendon d’Achille l’avait contraint à renoncer, comme un symbole des défis physiques qui jalonnent sa carrière.
Plus de vingt ans après ses débuts sur le circuit, l’ancien numéro 6 mondial continue pourtant à s’accrocher à ce fil ténu entre passion et performance. S’il doit désormais choisir ses tournois avec précaution, chaque apparition devient un moment attendu. Son aura, son style spectaculaire et son attitude positive font encore de lui une figure respectée du vestiaire.
Pour Félix Auger‑Aliassime, cette victoire s’inscrit dans une dynamique encourageante. Le Canadien entame bien sa tournée américaine, conscient qu’il joue gros à Indian Wells, où un bon parcours pourrait relancer sa saison.
Pour Gaël Monfils, la défaite n’a rien d’un adieu — plutôt une nouvelle page d’un parcours exceptionnel, où l’élégance et la résilience continuent d’écrire l’histoire.

