Remplaçant au pied levé de Jo-Wilfried Tsonga pour un quatrième match décisif dans cette finale de Coupe Davis, Richard Gasquet n’a pas réussi à faire vaciller Roger Federer et s’est logiquement incliné en 1h52 (6-4, 6-2, 6-2).

Un cadeau empoisonné. En renonçant à affronter Roger Federer, Jo-Wilfried Tsonga a laissé Richard Gasquet tenter de jouer les héros de la patrie. Mais le costume était trop grand pour le Bitterois. Et le Suisse bien trop fort, alors qu’il avait l’occasion d’apporter en personne le point final pour la conquête du dernier grand trophée lui manquant. Malgré le soutien d’un public bouillant, qui a régulièrement scandé son prénom entre deux points, Gasquet n’avait tout simplement pas les armes pour faire mieux. Peut-être pas autant au fond du trou mentalement que Tsonga, il avait déjà prouvé lors du double de samedi qu’il n’était pas dans les meilleures dispositions psychologiques en s’appuyant trop souvent sur Julien Benneteau.

Mais ce dimanche, la différence s’est faite sur le court, pas dans la tête. On y a pourtant cru quand le numéro 3 tricolore à l’ATP, l’air sûr de lui et motivé comme jamais, est arrivé en haranguant le public. Des espoirs rapidement balayés par un Federer implacable, dont les Come on après des points gagnants ont trop souvent raisonné. Intouchable sur son service, le numéro 2 mondial s’est régalé sur la première balle du Français, qui a eu toutes les peines du monde à faire la différence sur son propre engagement. Breaké d’entrée dans le second set, et à 2-2 lors des deux autres, Gasquet n’aura jamais réussi à se détacher pour espérer faire douter son adversaire. Pis encore : il ne s’est procuré aucune balle de break. Une statistique qui ne trompe pas.

Dans le jeu, pareil : c’était beau, parfois, mais efficace, rarement. Le Tricolore n’a pas fait la différence du font de court et n’est pas assez souvent venu la faire au filet, zone où il a été pourtant en réussite. Il y avait pourtant de la place pour faire mieux, comme il l’a prouvé au début du troisième set en tenant mieux dans les échanges et en poussant plus Rodgeur à la faute. Mais ça n’a pas été suffisant et la fin du match a été à sens unique sitôt le break concédé par Gasquet. Il lui toujours manqué quelque chose : un peu de puissance, un peu de justesse technique, un peu de précision. Mis bout à bout, ça fait beaucoup. Surtout contre un Federer à ce niveau et dont les problèmes de dos semblaient loin derrière lui, une semaine jour pour jour après son forfait en finale du Masters…

Frédéric Sergeur, à Villeneuve d’Ascq