La FFR mise en examen pour la mort de Medhi Narjissi

La Fédération française de rugby a été mise en examen vendredi 24 avril 2026 pour homicide involontaire dans la disparition en mer du jeune Medhi Narjissi, 17 ans, décédé lors d’un stage des U18 en Afrique du Sud en 2024. Une étape judiciaire majeure qui intervient près de deux ans après la tragédie, et qui place la FFR au cœur d’une tempête institutionnelle sans précédent.

C’est au palais de justice d’Agen que l’histoire s’est écrite vendredi. Convoqué devant une juge d’instruction, le président de la Fédération française de rugby Florian Grill a subi une audition de quatre heures avant que la FFR ne soit officiellement mise en examen pour homicide involontaire. La décision a été confirmée par Olivier Naboulet, procureur de la République d’Agen, dans un communiqué sans ambiguïté. La fédération rejoint ainsi deux ex-cadres déjà mis en examen dans ce dossier, qui constitue l’une des affaires les plus sombres de l’histoire du rugby tricolore.

La juge d’instruction a motivé sa décision par des défaillances précises et accablantes : organisation défaillante du stage des U18 en Afrique du Sud, manquements dans la sécurité des mineurs, encadrement insuffisant et mauvaise gestion des activités nautiques. Autant de négligences qui auraient conduit à la disparition en mer de Medhi Narjissi, jeune espoir de 17 ans du Stade Toulousain, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Cette mise en examen marque un tournant : pour la première fois, c’est l’institution elle-même, et non seulement des individus, qui est directement mise en cause.

Florian Grill est ressorti du palais de justice d’Agen en fin d’après-midi sans prononcer le moindre mot, empruntant une sortie dérobée. Ce silence en dit long sur la gravité de la situation. La mise en examen de la FFR soulève des questions fondamentales sur la protection des jeunes joueurs dans le sport de haut niveau : comment une fédération en charge de mineurs a-t-elle pu laisser de telles failles dans leur sécurité ? L’instruction judiciaire devra désormais établir les responsabilités exactes. Pour la famille de Medhi, pour le Stade Toulousain et pour l’ensemble du rugby français, ce dossier est loin d’être clos.