Coupe du monde de rugby 2023 : l’enquête financière sur Claude Atcher entre dans sa phase décisive

Après plus de trois ans d’investigations, le Parquet national financier (PNF) vient de franchir une étape majeure dans le dossier qui secoue les coulisses du Mondial de rugby français.

L’enquête préliminaire visant Claude Atcher, ancien patron du comité d’organisation de la Coupe du monde 2023, a officiellement été clôturée, a confirmé vendredi une source judiciaire à l’AFP.

Des centaines de billets au cœur du scandale

L’affaire tourne autour d’une transaction qui aurait défié les règles imposées aux acheteurs ordinaires. Lors de la mise en vente publique des billets du Mondial, chaque acquéreur était limité à six places maximum — une mesure destinée à prévenir toute accaparation. Or, selon les éléments judiciaires rapportés par L’Équipe, Henri Mioch, ancien joueur emblématique du club de Béziers et proche d’Atcher, aurait pu s’approprier pas moins de 733 billets, pour une valeur avoisinant 155 000 euros.

Pour le PNF, cette opération n’aurait jamais pu se réaliser sans l’intervention directe de Claude Atcher, et des liens financiers entre les deux hommes auraient facilité la démarche — en violation flagrante des conditions générales de vente.

Une procédure contradictoire de trois mois s’ouvre

Le parquet a transmis une note de synthèse récapitulant les infractions potentiellement reprochées aux différents protagonistes, ainsi qu’à leurs avocats respectifs. S’ouvre désormais une phase contradictoire d’une durée de trois mois, au terme de laquelle — sauf instruction complémentaire — le parquet tranchera sur les suites à donner : classement sans suite, ouverture d’une information judiciaire ou renvoi en correctionnelle.

Rappelons que le PNF avait lancé ses investigations en octobre 2022 pour des faits présumés de favoritisme, trafic d’influence, corruption, prise illégale d’intérêts et vente illicite de billets.

Atcher dément, ses avocats dénoncent des fuites

Du côté de la défense, le ton est à la fermeté. Mes Emmanuel Moyne et Valentin Barbault, avocats de Claude Atcher, affirment qu’«aucune des accusations portées ne résiste à l’examen des faits». Ils déplorent par ailleurs des révélations dans la presse qu’ils jugent constitutives d’une «atteinte manifeste» à la présomption d’innocence et d’une violation du secret de l’enquête.

Une deuxième procédure en parallèle

Ce volet financier n’est pas le seul nuage au-dessus de l’ancien dirigeant. Le parquet de Paris instruit séparément une enquête pour harcèlement moral, consécutive aux révélations de L’Équipe en juin 2022 sur l’ambiance décrite comme un climat de «terreur» au sein du comité d’organisation — des accusations que Claude Atcher conteste vigoureusement. Cette procédure est, elle aussi, entrée en phase contradictoire depuis août 2025.

Henri Mioch, contacté par l’AFP, n’avait pas répondu dans l’immédiat.