Roxana Maracineanu a conservé un portefeuille ministériel mais n’est plus que ministre déléguée au Sports, désormais rattachés à l’Education nationale.

Son poste était menacé, mais Roxana Maracineanu reste au gouvernement. Toutefois, elle doit se contenter d’un ministère délégué, placé sous le périmètre d’un grand portefeuille de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports, confié à Jean-Michel Blanquer.

“On a les Jeux olympiques et paralympiques de Paris-2024, mais on perd un ministère de plein exercice. C’est le début du démantèlement du ministère des Sports”, déplore l’ancienne ministre des Sports Marie-George Buffet (1997-2002). Une “relégation”, a tweeté pour sa part le député Génération.s Régis Juanico, qui précise que l’idée “peut paraître séduisante sur le papier” mais que “sous tutelle d’un mastodonte, le risque est celui de la dilution”.

Le patron du comité olympique français (CNOSF), Denis Masseglia, y voit à l’inverse une normalisation souhaitable. “Un ministère de plein exercice, ça ne sert à rien (si le budget est faible). Ca flatte l’ego du ministre, c’est tout”, déclarait récemment l’homme fort du mouvement sportif.

Il est vrai que de plein exercice ou rattachés à un autre ministère comme l’Education nationale, la Ville ou la Santé, comme ce fut le cas par le passé, les Sports ont de tout temps été le parent pauvre du gouvernement. Et cela, en temps de crise, ne risque hélas pas de changer.

Mais il n’en reste pas moins que cette “mise sous tutelle” de Roxana Maracineanu peut également être interprétée comme une sorte de garde fou. La ministre s’est illustrée plus souvent qu’à son tour au cours des dernières semaines, faisant preuve d’une autorité parfois inquiétante. Les défenseurs de la cause des femmes ont applaudi à deux mains l’éviction du sulfureux Didier Gailhaguet de la présidence de la Fédération française des sports de glace, secouée par des scandales de violences sexuelles. Mais Roxana Maracineanu a usé de méthodes non moins expéditives pour mettre un terme prématuré à la saison de Ligue 1, alors que les championnats allemand, espagnol, italien et anglais on repris. L’autorité est une qualité, l’excès d’abus d’autorité est un défaut. Surtout lorsqu’il s’accompagne de condescendance. Roxana Maracineanu avait jugé que l’Allemagne avait “fait passer l’économie avant la santé” en autorisant la reprise de la Bundesliga. Un bien mauvais procès à un pays qui a connu trois fois moins de morts du coronavirus que la France, malgré une population plus âgée.

L’ancienne nageuse aura moins de risque à l’avenir d’être accusée d’abus d’autorité ou d’outrance. Le “Professeur” Blanquer sera là pour la recadrer !