Alors que la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient assombrissent l’horizon, les Jeux paralympiques d’hiver débutent vendredi en Italie. Entre boycott diplomatique, retour des Russes sous leur drapeau et ambitions tricolores, le sport tente de reprendre ses droits.
Cortina d’Ampezzo (Italie) — Ces dix jours de compétition s’annoncent à la fois festifs et crispés. Milan-Cortina 2026 ouvre vendredi la scène paralympique d’hiver dans un climat international sous tension, où le retour de la Russie et du Bélarus, autorisé par le Comité international paralympique (IPC), polarise les délégations. Mais à quelques heures du début des hostilités, les athlètes français veulent garder le cap sur l’essentiel : skier, performer, et faire honneur à leur drapeau.
Des Bleus ambitieux malgré la tempête
Dix-sept tricolores (dont quatre guides) s’élanceront dans quatre disciplines : ski alpin, biathlon, ski de fond et snowboard. L’équipe de France, en pleine montée en puissance, veut confirmer sa solidité sans se fixer d’objectifs chiffrés.
« On est prêts, concentrés, et plus professionnels que jamais », assure le skieur Lou Braz-Dagand, fraîchement sorti d’un entraînement à Cortina. « Cette attente, on la gère bien. Pour moi, c’est comme une étape de Coupe du monde. »
Arthur Bauchet, triple champion paralympique à Pékin, sera à nouveau la tête d’affiche. À 25 ans, il disputera cinq courses, dès samedi, avec la descente en ouverture. À ses côtés, la jeune Aurélie Richard, 20 ans, incarne la relève du ski français, tandis que Jordan Broisin défendra fièrement le drapeau bleu-blanc-rouge avec la snowboardeuse Cécile Hernandez, autre figure incontournable de l’équipe.
Paris boycotte la cérémonie
Si le Comité paralympique et sportif français (CPSF) fera bonne figure à la cérémonie d’ouverture prévue aux arènes de Vérone, le gouvernement, lui, a choisi de rester à distance. La ministre des Sports, Marina Ferrarri, a confirmé l’absence de représentation officielle française en signe de protestation contre la réintégration des athlètes russes et bélarusses sous leurs symboles nationaux.
Cette réhabilitation, votée il y a quelques mois en assemblée générale de l’IPC, suscite encore de vives discussions. « Nous appliquons la décision démocratiquement adoptée », a rappelé l’institution, tandis que Kiev, Varsovie ou encore Tallinn ont également décidé de boycotter la cérémonie d’ouverture, sans renoncer à la compétition.
L’esprit du sport face aux fractures du monde
Malgré la tension politique et les absences diplomatiques, 56 nations participeront à ces Jeux, répartis entre Milan, Cortina et Val di Fiemme. L’Iran et Israël seront notamment représentés par un athlète chacun, signe que même les zones les plus meurtries par les conflits continuent de trouver un écho dans la sphère sportive.
Andrew Parsons, président de l’IPC, en appelle à l’unité : « Mon espoir de paix, exprimé déjà il y a quatre ans, reste d’actualité », a-t-il déclaré. « Le sport est notre espace commun, celui de l’inclusion et de la résilience. C’est ce que nous devons protéger. »
À Cortina, les montagnes s’apprêtent donc à vibrer au rythme des exploits et des différences. Entre crises diplomatiques et quêtes de médailles, les Jeux paralympiques veulent prouver qu’au-delà des drapeaux, l’esprit sportif reste encore possible.


