Au bout du suspense, la Norvège a remporté la seconde demi-finale du Mondial de handball face à la Croatie (28-25 a.p.), vendredi à l’AccorHotels Arena de Paris-Bercy. Un exploit pour cette petite nation, qui aura le privilège d’affronter les Experts, dimanche en finale.

Les handballeurs norvégiens ont rejoint les Français en finale du Mondial-2017 grâce à leur victoire contre la Croatie 28 à 25 après prolongation, vendredi à Paris-Bercy. Quatrième du dernier Championnat d’Europe, son meilleur résultat jusqu’ici, l’équipe nordique est déjà assurée de décrocher la première médaille de son histoire. Pour espérer encore mieux, il lui faudra donc créer un exploit monumental contre les tenants du titre qui ont remporté la première manche, lors du tour préliminaire (31-28).

Le parcours de la Norvège jusqu’en finale aura été des plus déroutants, car elle n’avait pas réussi à se qualifier sur le terrain pour ce 25e Championnat du monde. C’est la Fédération internationale (IHF) qui lui avait offert une invitation (wild card), l’estimant au niveau, au regard de son parcours lors de l’Euro en Pologne il y a un an. A Cracovie, Sander Sagosen et ses partenaires avaient créé la surprise en accédant au dernier carré pour la première fois grâce à une victoire contre les Français (29-24), tenants du titre. Ils avaient fait vaciller l’Allemagne, lauréate du tournoi, avant de prendre finalement la plus mauvaise place (4e) à cause d’une défaite contre… la Croatie lors de la petite finale. Non-qualifiés pour les Jeux de Rio, les Norvégiens se sont bien rattrapés lors de ce Mondial en ne perdant jusqu’ici qu’un match, face à leur prochain adversaire.

Et vendredi, ils ont renversé la situation de manière presque insensée grâce aux parades du brillant Torbjorn Bergerud, désigné homme du match. Le jeune gardien (22 ans) a emmené ses coéquipiers en prolongation en stoppant un penalty de l’ailier droit Zlatko Horvat à la dernière seconde du temps réglementaire (22-22). Les Croates ont repris l’ascendant (22-24) mais ont baissé de régime par la suite devant le jeu rapide des Nordiques qui ne les ont laissé inscrire qu’un seul but (28-25).

Le papier d’avant-match
La sélection des Balkans pèse forcément plus lourd avec ses treize médailles, glanées dans les trois grandes compétitions en vingt ans, dont trois en or, lors des JO 1996 et 2004, et du Mondial 2003. A l’inverse de sa pendante féminine, la Norvège n’est elle jamais montée sur un podium. Mais en ce début d’année, ces messieurs du Nord ont une belle occasion de s’offrir un coup de projecteur. Leur présence à ce niveau n’est qu’une demi-surprise. Car Sander Sagosen, annoncé comme une futur star à 21 ans, et ses partenaires s’étaient hissés contre toute attente jusqu’en demi-finales de l’Euro polonais il y a un an. Les Nordiques avaient même fait vaciller l’Allemagne renaissante, lauréate du trophée, avant de céder après prolongation (33-34). Lors de la petite finale, le coeur n’y était plus face à… la Croatie (24-31).

Ce duel à l’AccorHotels Arena a tout d’une revanche pour les Scandinaves. Mais c’en est une aussi pour la Croatie qui n’a pas digéré la désillusion des derniers jeux Olympiques, au Brésil. Premiers de leur groupe, en battant notamment la France, les Croates étaient tombés de très haut lors des quarts de finale face à la Pologne (27-30). De cet échec a découlé un psychodrame avec le faux-départ du sélectionneur Zeljko Babic. Brouillé avec ses dirigeants, il avait rendu son tablier avant d’être confirmé dans ses fonctions par ces derniers. Après avoir fait le ménage chez les joueurs (Cupic, Brozovic et Karacic non retenus), Babic a guidé un groupe new look, alliage d’ancienneté (Gojun, Horvat) et de modernité (Mamic, Sebetic), vers le dernier carré au prix d’une victoire au forceps contre l’Espagne (30-29).

Plus qu’une marche et les Croates retrouveront la finale pour la première fois depuis celle perdue à domicile en 2009 contre la France.