Il voulait reconquérir la Premier League. Il rentre relégué, sans offre, et sous contrat jusqu’en 2028 avec un club qui n’en veut plus. Le dossier Angel Gomes est l’un des cas les plus embarrassants du mercato estival marseillais.
Un rêve anglais qui tourne au cauchemar
L’histoire aurait pu être belle. À l’été 2025, Angel Gomes quittait libre le LOSC après cinq années solides sur la scène française pour rejoindre l’Olympique de Marseille avec un contrat jusqu’en 2028. Le profil séduisait : international anglais, habitué à la Ligue 1, expérimenté en Ligue des Champions. Un recrutement malin, sur le papier.
Sauf que les papiers, au football, ne jouent pas les matchs.
Bien intégré durant le stage estival aux Pays-Bas, Gomes avait réalisé une pré-saison intéressante avant de connaître des hauts, mais surtout beaucoup de bas, passant de titulaire à remplaçant sous les ordres de Roberto De Zerbi. Après 20 matches toutes compétitions confondues à Marseille — 4 buts et 1 assist —, il a été invité par ses dirigeants à aller voir ailleurs dès le mercato hivernal.
Direction Wolverhampton, en prêt, avec une option d’achat estimée à 7 millions d’euros. Retour aux sources, retour en Premier League. L’occasion de tout relancer.
Wolverhampton, le désastre de trop
Raté. Avec seulement 17 points au compteur, trois victoires pour vingt-deux défaites, Wolverhampton est officiellement relégué en Championship — une première depuis huit ans pour le club anglais. Et Angel Gomes n’y est pour rien, ou presque : utilisé à seulement 10 reprises toutes compétitions confondues pour 447 minutes au total, il n’a pas vraiment impressionné outre-Manche.
Un journaliste spécialiste de la Premier League résume crûment la situation : après deux bonnes prestations initiales contre Chelsea et Nottingham Forest, plus rien — des mini-blessures, une utilisation réduite, un joueur de passage. Il ne marquera pas l’histoire au club, c’est certain.
La conséquence directe est mécanique : l’option d’achat de Wolverhampton était conditionnée au maintien en première division. La relégation actée, les Wolves ne lèveront pas cette option, et Angel Gomes rentre à Marseille, la queue entre les jambes.
L’OM face à un casse-tête salarial et sportif
C’est là que le problème devient franchement épineux pour Pablo Longoria et ses successeurs. Angel Gomes est sous contrat avec l’OM jusqu’en 2028 et émarge à environ 400 000 euros mensuels — une masse salariale conséquente pour un joueur dont la valeur marchande n’a pas progressé d’un centime depuis dix-huit mois.
L’international anglais n’est plus appelé avec les Three Lions depuis le début de la saison. Son avenir s’annonce très incertain cet été, alors que l’OM cherchera activement à s’en séparer.
Le symbole d’un mercato raté
Angel Gomes incarne à lui seul les contradictions d’un OM qui recrute vite, tranche vite, et se retrouve parfois piégé par ses propres décisions. Libre, prometteur, économique à l’achat : toutes les cases étaient cochées. Mais le football ne se joue pas sur Excel.
Cet été, l’OM devra trouver preneur pour un joueur de 25 ans relégué, dont le prêt s’est soldé par un bilan sportif quasi-nul. Une équation difficile, dans un mercato où les clubs ont l’embarras du choix.
Le retour d’Angel Gomes à la Commanderie ne sera pas une fête.

