Après la victoire écrasante du Paris Saint-Germain contre Nantes (3-0) mercredi soir, Luis Enrique a livré une déclaration inattendue en conférence de presse : le technicien espagnol a exprimé publiquement son souhait de voir Saint-Étienne et les Girondins de Bordeaux retrouver l’élite. Un soutien moral aussi rare que sincère.
Le Parc des Princes avait livré sa partition habituelle ce mardi 22 avril 2026. Face à un FC Nantes avant-dernier et en grande souffrance, le PSG a déroulé avec une efficacité clinique : Khvicha Kvaratskhelia, double buteur sur penalty et sur une réalisation de grande classe, et Désiré Doué ont suffi à régler le sort d’un match comptant pour la 26e journée de Ligue 1, disputé en retard. Rien d’extraordinaire sur la feuille de match pour un leader de championnat en pleine course au titre et qualifié pour les demi-finales de la Ligue des Champions.
Mais c’est en salle de presse, une fois les caméras braquées sur lui, que Luis Enrique a véritablement capté l’attention.
«Saint-Étienne est aussi un club historique»
Interrogé sur le sort des grandes institutions du football français en difficulté — Nantes étant le symbole du soir —, le coach parisien a d’abord relativisé avec le pragmatisme qu’on lui connaît : «C’est classique. Dans tous les championnats, il y a toujours des équipes avec une histoire importante mais en difficulté. C’est comme ça le football de haut niveau.»
Puis, presque naturellement, il a élargi son propos vers des clubs absents de l’élite. «Il y a aussi des équipes en Ligue 2 que je voudrais voir dans la Ligue 1, comme Saint-Étienne qui est aussi un club historique. Je n’ai jamais joué contre Saint-Étienne. Ou Girondins de Bordeaux aussi.» Avant de conclure avec une lucidité teintée de mélancolie : «Il y a beaucoup d’équipes qui cherchent à retrouver la Ligue 1 et c’est dommage pour ces équipes qui ne le peuvent pas. Mais c’est comme ça, il faut l’accepter.»
Pourquoi ces mots comptent vraiment
La déclaration peut sembler anodine à première lecture. Elle ne l’est pas. Qu’un entraîneur du Paris Saint-Germain — club dominant, omnipotent, parfois perçu comme déconnecté des réalités du football populaire — prenne spontanément la parole pour défendre la place de l’ASSE ou des Girondins dans le paysage du foot français, voilà qui sort de l’ordinaire.
Saint-Étienne, relégué la saison passée après des années de turbulences sportives et institutionnelles, se bat actuellement pour un retour direct en Ligue 1. Le club aux dix titres de champion de France, icône d’un football français aujourd’hui largement dominé par les logiques économiques, incarne pour beaucoup une époque révolue. Luis Enrique, lui, n’a manifestement pas oublié ce que représente la tunique verte dans l’histoire collective du sport européen — lui qui, fait notable, n’a jamais eu l’occasion de les affronter sur un terrain.
Pour les Verts, dans cette bataille âpre pour la montée, entendre le nom de leur club prononcé avec respect par l’entraîneur du club le plus puissant de France constitue un signal fort. Symbolique certes, mais pas anodin dans un milieu où la reconnaissance publique a son propre poids.
Un football qui se souvient
Dans un championnat où les clubs sans argent frais peinent à exister, Luis Enrique rappelle une vérité simple : le football, c’est aussi son histoire. Celle de stades mythiques, de supporters fidèles malgré tout, de noms qui résonnent bien au-delà des classements. Saint-Étienne et Bordeaux méritent la Ligue 1 — pas parce qu’ils le réclament, mais parce que le football français serait plus riche avec eux.
Et ça, au moins, tout le monde peut l’entendre.

