À la Commanderie, l’ambiance est glaciale.
Depuis la déroute à Lorient (0-2) lors de la 30e journée de Ligue 1, l’Olympique de Marseille vit sous cloche, en état d’urgence. Mise au vert prolongée, séances doublées matin et après-midi, nuits supplémentaires sur place pour « resserrer le groupe » : les mots sont choisis, mais la réalité qu’ils recouvrent est bien plus brutale. Le club phocéen traverse l’une des crises les plus profondes de ces dernières années, et les prochains jours pourraient tout changer.
Beye dans la tourmente
Au cœur du malaise : Habib Beye. Plusieurs semaines après sa prise de fonction, l’entraîneur marseillais fait face à une contestation interne qui prend de l’ampleur. Selon les informations relayées par les médias phocéens et nationaux, une partie significative du vestiaire se plaint ouvertement de ses choix tactiques, de son management jugé incohérent et d’un projet sportif illisible.
Le tableau est d’autant plus préoccupant que ce scénario n’est pas inédit. À Rennes, Beye avait déjà été démis de ses fonctions en février, après une série de défaites et des « dissensions internes » documentées avec joueurs et staff. Le profil qui se dessine est celui d’un technicien capable de générer des frictions profondes dans ses vestiaires, un signal d’alarme que les dirigeants marseillais ne peuvent plus ignorer.
La réception de Nice approche, et la pression autour du coach et de certains cadres atteint un niveau rarement vu à ce stade d’une saison.
Benatia à la croisée des chemins
L’autre homme au cœur de la tempête, c’est Medhi Benatia. Le directeur du football de l’OM a lâché les masques en zone mixte après la défaite à Lorient, dénonçant publiquement « un scandale » et pointant le manque d’engagement et d’ambition d’une partie du groupe professionnel. Des mots forts, perçus dans le vestiaire comme un signal de rupture assumé.
Mais au-delà du coup de gueule, c’est l’avenir même de Benatia à Marseille qui se joue dans les prochaines semaines. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’ancien défenseur international est en pleine réflexion stratégique. Deux scénarios s’affrontent : soit il choisit de se redéfinir un rôle bien plus central, avec un contrôle accru sur le recrutement et l’orientation sportive du club ; soit il envisage un départ en fin de saison, selon les résultats à venir et les intentions de Frank McCourt.
L’actionnaire américain, discret depuis des mois, pourrait se retrouver arbitre d’une situation qui dépasse désormais le cadre strictement sportif.
Une semaine pour tout changer
L’OM n’a plus le droit à l’erreur. En Ligue 1, la course à l’Europe se resserre, et la dynamique négative des dernières semaines érode dangereusement le capital confiance d’un club qui se voulait ambitieux en début de saison.
La réception de Nice s’annonce comme un match-vérité. Pour Beye, pour Benatia, pour les joueurs montrés du doigt. Et peut-être pour l’avenir d’un projet entier.
À Marseille, la prochaine décision forte n’est peut-être plus très loin.

