Dimanche après-midi, Arnaud Démare a remporté un nouveau titre, son troisième de champion de France sur la parcours de Grand-Champ.

Après ce nouveau succès, le Français est revenu sur cette journée et trouve que c’est le plus beau titre remporté depuis le début de sa carrière.

Après trois titres, c’est toujours la même émotion ?

“Celui-là est encore plus beau. On dit qu’un sprint, c’est beau. Mais arriver à trois comme ça, c’est quelque chose de parfait. Je m’attendais pas du tout à un final comme ça. Je savais que Julian allait placer une attaque. Dans ma tête, je pensais plutôt revenir avec l’équipe pour finir plus groupé. Ce qui a changé la donne, c’est quand Florian Sénéchal fait un gros écrémage à l’approche de la dernière bosse. Quand Julian part, je me suis dit que c’était le moment d’y aller. Je me suis pas affolé, je savais qu’il allait basculer avec seulement cinq ou dix secondes d’avance, qu’il fallait que je fasse mon effort après et ne pas me mettre dans le rouge avant. Quand Bryan rentre, ça m’a fait un grand bien pour pouvoir souffler dix ou quinze secondes”.

En tant que favori N.1, vous ressentiez de la pression sur vos épaules ?

“Samedi au briefing, c’était clair, il y avait un nom pour le leadership, c’était moi. Quinze coureurs qui bossent pour moi, je l’ai déjà connu mais il faut bien l’appréhender. Il ne faut pas s’affoler. dans ma tête, c’était clair, si ça attaque je bouge pas.  Je ne suis jamais aussi fort que quand je suis en confiance. Mes récentes victoires m’apportent de la sérénité. C’est une saison particulière, on est tous un peu à bloc depuis la reprise. C’est une saison magnifique, le travail paie et c’est top. Bizarrement, je retrouve des sensations que j’avais avant, quand j’avais la liberté de me dire j’y vais. Je me sens fort. J’ai retrouvé l’explosivité que j’avais pu perdre ces trois dernières années. Tous les curseurs sont revenus au top. Mon équipier Jacopo Guarnieri me le disait, +on sent que cette année, tu as faim”.

D’où vient cette soif cette année ?

“Je vais avoir 29 ans mercredi. Tu te rends compte de la chance que tu as d’être coureur cycliste. Le temps passe vite. On va dire que j’ai dépassé la moitié de ma carrière et il faut prendre conscience de cette chance là. Et tu essaies vraiment d’ajuster tout ce qu’il faut pour être le meilleur. Il n’y en a qu’un qui porte un an ce maillot. C’est quand tu ne l’as plus que tu te rends compte ce que tu as perdu. Quand les Championnats n’ont plus été à Plumelec, je me suis tout de suite renseigné où était le parcours. Et j’avais ça en tête. Un troisième titre, il n’y en a pas beaucoup dans l’histoire qui ont pu le faire”.

Propos recueillis par Clément VARANGES.