Eric Perrot, sacré champion du monde l’an dernier sur l’Individuelle, a failli réitérer l’exploit dans cette même spécialité lors des Jeux Olympiques, ce mardi à Anterselva ! Auteur d’un 19/20 au tir, le Français doit néanmoins s’incliner face au Norvégien Joan-Olav Botn et son sans-faite au tir.
Le rêve olympique d’Éric Perrot n’est pas passé loin. À 24 ans, le Français a signé une performance de haut vol sur le redoutable tracé d’Anterselva, mais une unique faute sur son premier tir debout (19/20) l’a privé de l’or. Plus rapide sur les skis que son rival norvégien Johan-Olav Botn, Perrot a finalement dû s’incliner de 15 secondes face à un Botn sans erreur, auteur d’un 20/20 parfait. Le podium est complété par un autre Norvégien, Sturla Laegreid, à 48 secondes.
Cette médaille d’argent est la deuxième du biathlon français sur le site italien en altitude (1 600 mètres), après l’or du relais mixte dimanche. Ajoutée à l’argent de Mathis Desloges en skiathlon, elle porte à trois le total des récompenses tricolores depuis le début des Jeux.
Premier des favoris à s’élancer sur le parcours composé de cinq boucles de 4 kilomètres, Perrot a longtemps cru tenir son destin en main. Champion du monde en titre de la spécialité, il a confirmé sa vitesse exceptionnelle sur les skis, mais le tir parfait de Botn – ponctué d’un cri de joie dans le centre de presse de la légende norvégienne Ole Einar Bjoerndalen – a scellé son sort. Informé de son avance sur le dernier tour, le Norvégien a géré jusqu’à la ligne, décrochant son premier titre olympique.
« C’est un mélange d’émotions, entre une joie immense d’être sur ce podium olympique et cette frustration de ne pas gagner, confiait Éric Perrot au micro de France Télévisions. C’est quand même magique, mais j’ai envie d’aller chercher l’or. »
À 24 ans, le Savoyard s’offre sa première médaille individuelle aux Jeux et confirme qu’il est désormais l’un des cadors du biathlon mondial. Avec le sprint vendredi et la poursuite dimanche, il disposera de deux nouvelles occasions de viser l’or avant la mass start, en clôture de quinzaine.
De son côté, Johan-Olav Botn signe un accomplissement aussi fort que symbolique. Le Norvégien de 25 ans, bouleversé par la mort de son coéquipier Sivert Bakken qu’il avait découvert sans vie en décembre, avait traversé une période difficile en janvier. Son triomphe, quelques semaines plus tard, prend ainsi des allures de renaissance sportive.

