C’est le grand jour. Le nouveau Championnat de Formule E prend son envol avec l’organisation de son premier Grand Prix, à Pékin, le 13 septembre. La compétition, labellisée par la Fédération internationale de l’automobile (FIA), est le premier championnat organisé avec des voitures propulsées par des moteurs électriques.

Pour ses acteurs, la Formule E dessine le futur du sport automobile. Alain Prost en fait partie. Il faut voir la Formule E comme la course automobile du futur, même si elle ne détrônera pas la Formule 1, explique le quadruple champion du monde de Formule 1, ex-propriétaire d’écurie et aujourd’hui impliqué dans la Formule E avec l’équipe eDams-Renault.

La FIA réfléchissait déjà à une compétition entre voitures électriques lorsque l’homme d’affaires espagnol Alejandro Agag, gendre de l’ancien Premier ministre José Maria Aznar, est venu déposer son dossier en 2012. Un championnat du monde de 10 courses. Avec deux points forts : les épreuves se disputent en centre-villes et les monoplaces sont respectueuse de l’environnement. Pour un secteur montré du doigt, la Formule E permet d’obtenir une nouvelle couverture médiatique. Les éléments de langage sont répétés en boucle comme celui de dire que les voitures viennent aux spectateurs et non l’inverse.

Un budget de 40 millions d’euros par saison

Pour cette première saison, toutes les équipes, composées de deux pilotes, utilisent un même véhicule à la conception duquel l’industrie française a largement contribué : une Spark Renault SRT-01 équipée de pneus Michelin et d’une batterie Williams. Renault a négocié le droit d’apposer son nom sur la voiture alors qu’il ne dirige que l’intégration du système électrique. Chaque écurie dispose de quatre voitures afin de pallier la faible autonomie des batteries (40 minutes). Ainsi au milieu de la course, le pilote s’arrête aux stands et saute dans son second baquet .

Les pilotes (dont une dizaine d’anciens de la F1) se verront attribuer des points à chaque course et le vainqueur du championnat remportera 5 millions d’euros. Une saison de Formule E demande un budget de près de 40 millions d’euros tout compris, couvert en majorité par les sponsors (Qualcomm, DHL, TAG Heuer, Michelin). Quant au budget de fonctionnement de chaque écurie, il reste dans des proportions sages : de 3,5 à 4 millions par an, avant salaire des pilotes.

Les promoteurs ont convaincu plusieurs grands diffuseurs de s’engager dont l’Américain Fox, Canal+ en France, ITV en Angleterre et CCTV en Chine. Quand nous avons commencé, nous n’avions pas de villes, pas d’équipes, pas de diffuseurs télé et pas de voiture. Désormais, tous ces ingrédients sont réunis, se réjouit Alejandro Agag.