La guerre des tribunes aura été aussi épique que celle du terrain. Après le tifo grandiose des ultras parisiens représentant Bonaparte franchissant le pont d’Arcole, les fans du Bayern Munich ont sorti leur propre arme lors du match retour à l’Allianz Arena : une banderole cinglante en français, chargée d’Histoire — et d’ironie. Sauf que le PSG, lui, a fini sa campagne à Budapest, pas à Sainte-Hélène.
Le Parc des Princes ouvre les hostilités avec Bonaparte
Tout a commencé au match aller, au Parc des Princes. Les ultras parisiens avaient déployé un tifo napoléonien représentant celui qui n’était alors que le général Bonaparte en pleine campagne d’Italie, franchissant le pont d’Arcole. Un message clair, assumé, conquérant : Paris se voyait en armée invincible en marche vers la gloire européenne. Le ton était donné. La symbolique, parfaite pour une équipe qui rêve de reconquête après son premier sacre la saison passée. Dans les tribunes comme sur le terrain, le PSG avait décidé de frapper fort dès le premier acte — et d’imposer son récit.
La riposte bavaroise : l’Histoire comme arme
Les supporters du Bayern Munich ont répondu lors du match retour à l’Allianz Arena avec une banderole déployée en français : « On part à Budapest et on vous envoie à Sainte-Hélène. » La référence est aussi précise qu’elle est piquante. Pour comprendre l’allusion, il faut remonter jusqu’en 1815, au moment où Napoléon a été capturé par les Anglais et envoyé en exil sur cette île perdue au sud de l’Atlantique. Pas de tifo géant côté bavarois, mais une manière ironique et assumée de répondre au message parisien, tout en illustrant la rivalité grandissante entre les deux camps. Sobre, historique, efficace. Munich avait répondu avec classe — et un sens du timing redoutable.
Verdict du terrain : Paris file à Budapest, Napoléon ne meurt pas à Sainte-Hélène
Malheureusement pour les Bavarois, la réplique est restée dans les tribunes. Sur la pelouse de l’Allianz Arena, c’est bien le PSG qui a écrit la suite de l’Histoire. Le but express de Dembélé, le mur Safonov, et la qualification arrachée sur le score cumulé de 6 buts à 5 — Paris ne sera pas exilé. Le PSG va devenir le premier club français à disputer trois finales de Ligue des Champions, et il le fera le 30 mai à Budapest, face à Arsenal. La banderole des ultras bavarois restera comme l’un des grands moments de cette demi-finale hors norme. Mais l’Empereur, lui, poursuit sa campagne. Direction la Puskás Aréna.


