Nouvelle championne du monde en -63 kg, la double championne d’Europe en titre Clarisse Agbegnenou jouit d’une sacrée réputation. A 21 ans, la licenciée d’Argenteuil est redoutée et redoutable.

Elle partait favorite et elle n’a pas déçu ses supporters. J’ai mûri, beaucoup progressé sur le plan mental et technique en apprenant de mes erreurs. Je suis plus assidue au travail, j’en redemande, même, et je sais que j’ai encore une marge de progression, assurait la nouvelle championne du monde avant le début de l’épreuve. Remplaçante aux derniers Jeux olympiques à Londres, elle est désormais leader de sa catégorie, après en avoir terminé avec des problèmes de poids à répétition qui l’avait freinée dans sa carrière. Son caractère aussi. Début juillet, elle a écopé de 70 heures de travaux d’intérêt général et 2.780 euros de dommages et intérêts pour préjudice physique et psychologique. Cette condamnation remonte à des faits qui se sont produits en avril 2013 après une bagarre à l’INSEP dans la chambre d’Anne Fatoumata M’Bairo, autre judokate tricolore. La Fédération française avait alors infligé à Agbegnenou un an avec sursis de suspension de compétition.

A 21 ans, celle qui prépare un brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport (BPJEPS) pour devenir coach sportif semble apaisée. Elle a décroché son premier titre mondial avec aplomb. Malgré un début de compétition compliqué où elle n’a pas été aussi flamboyante qu’à son habitude, elle a été d’une force saisissante en demi-finales, où, enfin, elle a gagné sur ippon. D’abord contre sa compatriote Anne-Laure Bellard, de 11 ans son aînée, puis en finale contre l’une de ses meilleures amies, l’Israélienne Yarden Gerbi. Ce fut la finale qu’il fallait. L’année dernière à Rio, la Française avait été battue par Gerbi sur une erreur qui avait permis à l’Israélienne de saisir une opportunité pour s’imposer sur un étranglement. Cette fois, pas question de se laisser avoir et à peine une minute trente après le début du combat, Agbegnenou a envoyé Gerbi au tapis. Quand jai vu que j’allais la prendre en finale, je me suis dit: il faut que tu aies ta vengeance. Il faut que tu fasses mentir tout le monde et dire qu’il y a eu une erreur l’année dernière.

Un physique puissant, un mental d’acier, et pas de place au doute: voilà la nouvelle patronne de la catégorie qui s’est forgée cette personnalité toute petite. J’ai 3 frères, et ça ne peut que te forger. T’es la seule fille, t’as pas le choix, il faut leur faire la guerre sinon tu te fais bouffer !, a-t-elle raconté. La nouvelle championne du monde regarde maintenant vers les jeux Olympiques de Rio : Il faut que ces Jeux soient les miens.