La Coupe du monde débute le 12 juin prochain, et entretemps, Sport.fr vous fait découvrir chacune des 32 équipes de la compétition. Emmenée par une généation talentueuse, la Suisse sera le principal rival de l’équipe de France pour la première place du groupe E.

Objectif : les quarts, pas seulement un rêve
Pour sa troisième phase finale de Coupe du monde de suite (une première depuis les années 1950), la Suisse a eu la chance de tomber sur une poule abordable, avec la France, certes, mais surtout le Honduras et l’Equateur. Deux adversaires largement à la portée de la Nati, dont l’objectif officiel est de sortir de son groupe, nous explique David Lemos, qui commentera des matches au Brésil pour la RTS. Pour lui, cette équipe a le talent, le mental et l’esprit de corps pour contester la première place du groupe à la France, ou en tout cas pour terminer devant l’Equateur et le Honduras. Une première place lui assurerait alors un 8e de finale logiquement à sa portée contre le 2e du groupe F. Une victoire face à toute autre équipe que l’Argentine est dans ses cordes. En se montrant résolument optimiste, on peut donc imaginer la Suisse en quarts de finale, pronostique même David Lemos, rêvant voir la Suisse atteindre le Top 8, comme en 1934, 1938 et 1954.

La star : Shaqiri, de remplaçant à star nationale
Proche de Franck Ribéry, Xherdan Shaqiri ressort d’une saison frustrante au Bayern Munich. Le milieu offensif n’a disputé que 17 matches de championnat, devant se contenter d’un statut de remplaçant qui pourrait le pousser à aller voir ailleurs cet été. La Coupe du monde tombe à pic pour lui permettre de se montrer à d’éventuels clubs intéressés. Surtout qu’il est le joueur le plus important de la Nati, assure David Lemos. C’est un type de joueur qui a souvent manqué à l’équipe de Suisse, de ceux qui peuvent faire la décision sur une inspiration, une accélération, une frappe, ajoute-t-il, avouant que l’état de forme du joueur d’origine kosovare inquiète en raison de problèmes musculaires récurrents. La performance de cet ailier de poche (1m69) puissant et technique face au Pérou lundi soir a rassuré : son entrée en jeu a dynamisé son équipe et il a doublé la mise dans les dernières minutes, prouvant qu’il serait bien l’un des principaux atouts de la Suisse au Brésil.

Style : attention, ça joue
Il ne faudra pas prendre cette équipe de Suisse à la légère au Brésil. Contrairement à ses prédécesseures, elle aime prendre le jeu à son compte, prévient David Lemos, annonçant un 4-2-3-1 plutôt séduisant sur le papier, avec les Napolitains Behrami – Inler dans l’entrejeu (les régisseurs) et des joueurs offensifs qui pourraient donner mal à la tête aux Bleus. Shaqiri, sur l’aile droite, est accompagné de l’autre côté par Valentin Stocker, dont la qualité de percussion est intéressante, et par l’énigme Granit Xhaka en tant que meneur de jeu. Hitzfeld l’apprécie beaucoup mais son tempérant et des réactions un brin puériles polluent encore le joueur qu’il pourrait être, regrette notre interlocuteur, plus convaincu par Josip Drmic, révélation de la saison en Bundesliga et attaquant titulaire de la Nati désormais. S’il reste sur cette vague, la Suisse marquera des buts, promet le journaliste de la RTS, confiant également sur le niveau des latéraux Ricardo Rodriguez (à gauche) et Stefan Lichtsteiner (à droite), ou du gardien Diego Benaglio. Moins sur celui de la paire Schär-Von Bergen en charnière centrale : Le premier car il a été freiné par les blessures et commet encore trop d’erreurs d’inattention malgré un talent évident, le deuxième car son équipe, les Young Boys, a affiché un bilan défensif inquiétant et une saison globalement décevante. Jeune et ambitieuse, cette Suisse sera toutefois sans complexes.

F.S