Rome 2026 : Pellegrino, le rescapé des qualifs qui rêve de terrasser Sinner

Il y a dix jours, Andrea Pellegrino n’existait pas sur la carte des grands tournois.

Aujourd’hui, le voilà qui s’apprête à fouler le Campo Centrale du Foro Italico face au meilleur joueur du monde. Un conte de fées signé Rome 2026, là où les outsiders écrivent les plus belles pages.

De l’anonymat aux huitièmes de finale

Classé 155e mondial, l’Italien de 29 ans avait dû passer par la case qualifications pour espérer exister à Rome. Il n’avait jamais foulé le tableau principal d’un Masters 1000 avant cette semaine. Trois victoires plus tard — dont une arrachée après l’abandon blessé d’Arthur Fils — Pellegrino a définitivement prouvé que sa présence n’était pas un accident.

La démonstration la plus convaincante est venue lundi soir, aux dépens de Frances Tiafoe. L’Américain, 22e joueur mondial et quart-de-finaliste à Roland-Garros l’an passé, a rendu les armes sur le score de 7-6 (10/8), 6-1. Une correction infligée avec sang-froid par un joueur davantage habitué aux circuits Challenger qu’aux arènes du tennis d’élite. Récompense directe de ce parcours : un bond de 31 places au classement ATP, jusqu’au 125e rang, son record en carrière.

Un derby historique, une revanche à sens unique

Mardi, Pellegrino retrouvera Jannik Sinner. Retrouver n’est pas tout à fait le bon mot — la première confrontation, en 2019 sur le circuit Futures, s’était soldée par une correction 6-1, 6-1 que l’outsider avoue avoir à peine eu le temps de comprendre. « Je me rappelle juste avoir perdu lourdement », résume-t-il avec un sourire désarmant.

Sinner, lui, arrive dans ce derby national en machine de guerre : 25 victoires consécutives, cinq Masters 1000 de suite remportés (Paris, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid), et la possibilité d’égaler le record de Novak Djokovic de 31 succès de suite à ce niveau en 2011. Le natif du Haut-Adige pourrait aussi devenir le premier Italien à triompher chez lui au Foro Italico depuis Adriano Panatta en 1976 — une histoire dans l’histoire.

Le tournoi des surprises

Côté féminin, le tableau se rééquilibre après les sorties prématurées d’Aryna Sabalenka (N.1 mondiale) et de la tenante du titre Jasmine Paolini. Coco Gauff a frôlé la correctionnelle face à la jeune Américaine Iva Joric (18 ans, 17e), qui a servi sur une balle de match avant de s’effacer en trois sets (5-7, 7-5, 6-2).

Rome n’a pas fini de surprendre.