Nouvelle star du ski freestyle français, Perrine Laffont a décroché le médaille de bronze ce samedi lors de l’épreuve des bosses à Park City aux Etats-Unis. Malgré tout, la Française de 20 ans reste sereine et veut continuer sa progression. Elle a répondu aux question auprès de l’AFP.

 

Qu’est-ce qui ne va pas encore dans votre nouveau saut ?

“Le saut est posé, c’est ça qui est positif. Mais ce qu’on veut, c’est marquer beaucoup de points avec, que ce soit un beau saut et ça, j’ai encore du mal à le faire en compétition. Je me précipite encore beaucoup sur ce saut.”

Les imperfections sur votre saut ne vous ont pas empêchée de faire un beau début de saison…

“C’est en partie grâce à mon ski. Je fais souvent la différence avec ça. Ce sont juste les sauts qui sont moyens.”

Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler sur un nouveau saut ? 

“J’avais envie d’évoluer. J’avais fait un cycle de quatre ans avec le run que j’ai proposé aux Jeux. Pour rester à la première place, il faut sans cesse se remettre en question et proposer des choses plus difficiles, qui prennent plus de points, pour être devant. De nombreuses filles proposent aussi de nouveaux sauts cette année. C’est une motivation supplémentaire, un petit grain de folie, ça casse la routine, ça donne un bon boost d’adrénaline.”

En termes d’objectifs, quelle place accordez-vous aux Mondiaux par rapport à la Coupe du monde dont vous êtes la tenante du tire et la leader cette saison ?

“J’ai eu deux médailles en 2017 aux Mondiaux (or en bosses parallèles, argent en bosses), le top ce serait de faire deux médailles aussi. C’est le gros objectif de cette saison.”

Le titre olympique de 2018 vous met-il une pression supplémentaire et en quoi cette victoire a changé votre carrière ?

“Maintenant, j’ai cette étiquette de championne olympique, c’est sympa. J’ai vécu tellement de bons moments grâce à ça, ça a changé ma vie, le regard des autres et leur attente. On m’attend sur la “boite” maintenant et quand je n’y suis pas, on dit que la championne olympique a raté le podium. Cela peut t’ajouter une pression supplémentaire mais j’essaye de ne pas trop y penser. En dehors des épreuves, j’ai énormément de sollicitations de la presse, de demandes pour venir parler dans une entreprise. C’est parfois compliqué à gérer parce qu’on a un emploi du temps chargé avec les entraînements et les compétitions. Ce n’est pas facile à gérer parce qu’il faut prendre du recul et faire des choix parce que la priorité c’est le sportif.”  

On sent une grande maturité malgré vôtre jeune âge. D’où vient-elle ?

“Cela fait six ans que je suis sur la Coupe du monde, je commence à avoir de l’expérience. Je sais ce qui marche et ce qui ne marche pas. Je suis quelqu’un d’hyper carré, quand quelque chose marche, j’essaye de le reproduire. Il y a l’expérience acquise sur le circuit mais mon éducation a aussi joué un rôle et je suis devenue perfectionniste rapidement.”

Quels rôles ont joué vos parents dans votre carrière ?

“Mon père était mon entraîneur quand j’étais jeune, ma mère était présidente du club de bosses, chez nous dans les Pyrénées. Tous les week-ends, on partait dans les Alpes pour faire des compétitions. Ils ont fait des milliers et des milliers de kilomètres, fait énormément de sacrifices, dépensé des milliers et des milliers d’euros pour que j’arrive à être ce que je suis aujourd’hui parce que c’était mon rêve. Ils ont tout mis en place pour que je puisse y arriver.” 

Où en êtes-vous de vos études ? 

“Je fais un DUT en techniques de commercialisation à Annecy, ce printemps je passe en 3e année. C’est un cursus hyper-adapté pour les skieurs, au lieu de le faire en 2 ans, je le fais en 3 ans et j’ai cours de début avril à fin juin. Je fais un petit sport, donc je ne pourrai pas en vivre toute ma carrière. Il me faudra bien un métier à la fin. Je ne sais pas encore ce que je vais faire mais ce sont des études intéressantes qui pourront toujours me servir après ma carrière.”     

Propos recueillis par Keyvan NARAGHI