Une semaine après sa gifle à Toulouse (60-14), La Rochelle a parfaitement réagi en infligeant une correction XXL à un Toulon décimé (66-0), dimanche soir, dans un stade Marcel-Deflandre tout en fête pour célébrer ses dix ans de guichets fermés. Dix essais pour l’anniversaire : le scénario rêvé pour les Maritimes.
La réaction était attendue, elle fut immédiate. Un premier essai dès la 7e minute, le bonus offensif en poche à la 22e, et une domination sans partage : à la pause, le RCT n’avait mis les pieds qu’une seule fois dans les 22 mètres rochelais. Sous le froid océanique, Ronan O’Gara et ses hommes ont signé une entrée en 2026 sans stress ni mauvaise surprise, reprenant la septième place du classement, à trois longueurs du podium.
Toulon, lui, n’a pu opposer que son courage. Avec seize joueurs à l’infirmerie, Pierre Mignoni avait aligné une équipe grandement remaniée, condamnée à subir le rythme imposé par les Rochelais, portés vers l’avant. Ce nouveau revers, après celui essuyé à Bordeaux avant Noël (46-7), fait reculer le RCT à la cinquième place.
À une semaine de la reprise de la Champions Cup, qui s’annonce franco-irlandaise (La Rochelle au Leinster, Toulon face au Munster), l’écart entre les deux équipes a vite sauté aux yeux. Les Maritimes ont déroulé leur classique : conquête solide, touche chirurgicale, ballons portés irrésistibles. De cette rampe de lancement sont nés les quatre premiers essais, signés Jules Favre, Tolu Latu (doublé) et Nolann Le Garrec (28-0, 22e).
Pour célébrer les dix ans du premier guichet fermé de Deflandre, Levani Botia — déjà présent à l’époque comme Uini Atonio — s’est offert un essai musclé, à l’image de sa carrière (37e, 35 ans). Sérieux et appliqués, les coéquipiers de Grégory Alldritt ont poursuivi leur démonstration au retour des vestiaires. Davit Ninishvili (42e) et Le Garrec encore (46e) ont accentué l’écart, ce dernier finissant à 24 points personnels.
L’entrée du vétéran Ma’a Nonu (54e) n’a rien changé au scénario : la marée rochelaise restait irrésistible. Will Skelton (57e), le jeune Russe Kirill Fraindt (61e) et Dillyn Leyds (71e) ont clôturé le festival d’un Stade Rochelais retrouvant son allant… et sa confiance avant l’Europe.

