Stade Toulousain : Claude Jacques, l' »Obélix » des tribunes, veut être enterré dans son costume

Il est devenu, au fil des années, l’une des figures les plus reconnaissables des tribunes du Stade Toulousain. Claude Jacques, 50 ans, originaire de Normandie, se déguise en Obélix depuis plus de quinze ans pour soutenir les Rouge et Noir. Costume cousu main, moustaches imposantes et son fidèle Idéfix au bras : ce père de sept enfants, amateur de rugby depuis 1991, a confié à La Dépêche un souhait aussi singulier qu’émouvant. Quand viendra l’heure, il voudra être enterré dans son habit de Gaulois.

L’histoire commence à Roquefort-sur-Garonne, dans la Haute-Garonne, où Claude Jacques est devenu bien plus qu’un supporter ordinaire. Ancien joueur actif de 1991 à 2007, ce passionné de 50 ans a fait du ballon ovale bien plus qu’un sport : un véritable mode de vie. Pour ce père de sept enfants, le rugby est avant tout une affaire de famille. C’est dans les années 1990, quelques années après son arrivée dans la région toulousaine, qu’il endosse pour la première fois le costume d’Obélix — et ne le quitte plus jamais. Depuis près de deux décennies, il s’est mué en mascotte des tribunes du Stade Toulousain. Avec son costume fait main, ses moustaches bien fournies et son Idéfix fidèle, il n’a jamais manqué un match, que ce soit à Toulouse ou ailleurs. Normand d’origine, il ne rate aucun match des Rouge et Noir depuis 1996 — et arbore même le logo du club tatoué sur le cœur, avec une étoile supplémentaire ajoutée après chaque titre en Champions Cup.

Derrière le folklore et les tenues colorées se cache un supporter d’une fidélité absolue, prêt à tous les sacrifices pour suivre son équipe. Grand voyageur du rugby, Claude Jacques endure jusqu’à 40 heures de bus pour accompagner le Stade Toulousain à Twickenham ou à Cardiff. Sa silhouette est devenue un repère dans les travées, un rituel que les supporters et les joueurs attendent autant que lui. Il retrouve régulièrement ses joueurs à la Bodega, dans une proximité chaleureuse qui illustre ce que le rugby de club a de plus précieux : la fraternité entre tribunes et pelouse. Pour lui, tout tient en un mot : « Le respect, c’est la base », répète-t-il, à la manière d’un principe de vie autant que d’un code rugbystique.

Mais c’est sa déclaration sur sa propre mort qui a fait sourire toute la communauté rugby ces derniers jours. Dans une interview accordée à La Dépêche, Claude Jacques a exprimé un souhait qui en dit long sur sa dévotion : « Quand je partirai, je veux être enterré en Obélix. » Une formule qui fait écho à son identité la plus profonde. Ce Normand tombé amoureux de Toulouse et de son club est devenu une mascotte des tribunes depuis plus de quinze ans, dans une ville et une région où le rugby est religion. « Je suis Normand, le Gaulois me correspond ! », dit-il avec ce sourire qu’on lui connaît sous les moustaches. À Roquefort-sur-Garonne comme à Ernest-Wallon, Claude Jacques-Obélix est bien plus qu’un personnage de stade. Il est l’incarnation vivante de ce que le rugby provoque de plus beau chez ceux qui l’aiment vraiment.