Six Nations : trop facile pour les Bleus, Galthié crée de la concurrence au sein du groupe pour maintenir l’attention

Après deux victoires convaincantes face à une Irlande affaiblie (36-14) et un pays de Galles en crise (54-12), le XV de France de Fabien Galthié confirme que sa stratégie d’élargissement du groupe porte ses fruits. En misant sur l’émulation entre cadres challengés et jeunes audacieux, le sélectionneur bâtit un collectif redoutable pour la suite du Tournoi.

Cardiff (Royaume-Uni), 16 février 2026 (AFP) – Fabien Galthié l’avait annoncé à l’automne : développer un groupe France profond, avec au moins trois joueurs viables par poste. Deux journées de Six Nations plus tard, ce pari audacieux s’impose comme une évidence. Les Bleus ont balayé leurs premiers adversaires sans trembler, prouvant que la concurrence interne forge une équipe plus affûtée que jamais.

Des paris osés qui paient déjà

Galthié n’a pas hésité à bousculer les habitudes. En écartant volontairement Damian Penaud, meilleur marqueur tricolore, Grégory Alldritt et Gaël Fickou, ses anciens capitaines, il a fait grincer des dents. Pourtant, les remplaçants ont brillé. L’ailier de 21 ans Attissogbe a inscrit trois essais en deux matches, tandis que Nicolas Depoortere (23 ans), explosif au centre contre l’Irlande, a confirmé son statut de révélation. Au numéro 8, Anthony Jelonch a tenu le rôle avec sa hargne coutumière, et Temo Matiu (24 ans) talonne de près.

Même logique à la deuxième ligne : Mickaël Guillard, du LOU, a supplanté Manny Meafou et s’est offert le titre d’homme du match irlandais. Épaule en avant, il a démantelé la défense verte avant de se muer en passeur décisif pour Charles Ollivon. Contre les Gallois, il a maintenu ce niveau stratosphérique.

Les blessures, catalyseurs inattendus

Les aléas physiques ont forcé la main du sélectionneur. Blessé aux reins, Romain Ntamack a laissé les clés de l’ouverture à Matthieu Jalibert, étincelant depuis des mois en club. Le Bordelais a dicté le tempo des deux victoires, libéré de toute pression. Avec Ntamack bloqué jusqu’à fin février en Top 14, Jalibert semble promis à régner jusqu’au bout du Tournoi.

À Cardiff, les blessures de Yoram Moefana et Depoortere ont ouvert la porte à deux Palois : Emilien Gailleton, déjà rodé, et le novice Fabien Brau-Boirie (20 ans). Ce dernier a détonné au Principality Stadium, marquant un essai et dominant les stats. « C’est très dur de laisser repartir des joueurs qui bossent avec nous, mais ils se préparent », confie Galthié. Brau-Boirie, fidèle aux stages, a saisi l’occasion.

Émulation, le moteur bleu

Cette rotation féroce dope les performances. « On doit prouver qu’on mérite notre place », résume Lenni Nouchi après ses entrées percutantes. Fabien Brau-Boirie abonde : « Les retours de Moefana ou Gourgues ? Ça crée de l’émulation, de la concurrence. Les choix, ce n’est pas à moi de les faire. » Avec l’Italie en vue dimanche, Galthié tient son arme secrète : un groupe où personne ne se repose sur ses lauriers.