L’ancien président de Toulon n’est pas, pour le moment, candidat à la présidence de la LNR. Pourtant, Mourad Boudjellal a imaginé un programme pour essayer de valoriser le rugby professionnel en France. Un vrai programme de campagne !

“L’objectif est de créer de la valeur pour les clubs. La principale valeur en rugby, ce sont les compétitions. Sauf qu’aujourd’hui, le Top 14 et la Pro D2 appartiennent à la LNR. Le bouleversement serait de créer trois sociétés. Une Top 14, une Pro D2 et une Supersevens, si les clubs souhaitent garder cette compétition. La LNR serait actionnaire de chaque société ainsi que les clubs, qui seraient, eux, majoritaires. Chaque société serait dirigée par un Comité directeur exécutif et un conseil d’administration. La seconde étape serait de faire entrer de nouveaux actionnaires pour consolider les fonds propres par une augmentation de capital. Ça donnerait de la trésorerie aux clubs grâce aux rachats de parts. À l’instar de l’entrée de CVC (fonds d’investissement) à hauteur de 25 % dans le Championnat anglais. Chaque club a pris environ 20 millions d’euros. En devenant actionnaire, chaque club posséderait le droit de participer au Top 14 ou à la Pro D2, qui a une valorisation importante. Aujourd’hui, ce droit n’appartient pas au club, le changement de philosophie est donc radical. Ce serait la Ligue qui appartiendrait aux clubs et non l’inverse”, a lâché l’ancien président du RCT dans L’Equipe.

Avant de poursuivre son explication : “Chaque Championnat ayant ses problématiques spécifiques, elles seraient débattues en réunion Top 14 et en réunion Pro D2, ce qui n’empêcherait pas de faire des réunions communes. L’autre avantage avec la création de sociétés, c’est qu’il y aurait une transparence totale dans la gestion avec des bilans comptables qui seraient consultables. Il est aussi urgent de simplifier les règles administratives de la LNR et arrêter de modifier les règlements de façon incessante avec surtout une non-rétroactivité. Si c’est le cas, elle devra s’appliquer sur des événements à venir et avec une distance raisonnable pour ne pas mettre en péril les clubs qui signent parfois des contrats sur trois ou quatre ans. Enfin, les clubs pourraient récupérer sous forme d’une SCI commune le siège de la LNR, valorisé à environ 20 millions d’euros. Le crédit serait payé par les droits TV. Ça coûterait environ 900 000 à chaque club pro. Ça éviterait de centraliser l’argent entre les mains de la LNR et ce lieu commun deviendrait la « maison du rugby ».”