Le Stade Français a frappé un grand coup en allant s’imposer sur la pelouse de Bordeaux-Bègles (33-28), ce samedi, en ouverture de la 15e journée du Top 14.
Ce succès plein de maîtrise permet aux Parisiens de conforter leur troisième place au classement, désormais avec trois points d’avance sur leurs hôtes du jour et quatre de retard sur Pau, deuxième, en déplacement à Toulouse dans la soirée.
Le club de la capitale avait misé sur un léger relâchement de l’UBB, meilleure équipe de la phase de poules de la Champions Cup. Le scénario leur a donné raison, surtout après la sortie prématurée de Matthieu Jalibert, auteur jusque-là d’une prestation convaincante mais dont le remplacement avant l’heure de jeu a déstabilisé les Bordelais.
Fatiguée par une campagne européenne exigeante et privée de plusieurs cadres – Louis Bielle-Biarrey, Cameron Woki ou encore Martin Page-Relo, forfait de dernière minute – l’équipe de Yannick Bru a manqué son entame. Menée 14-0 après seulement huit minutes, elle a payé cher son retard face à des Soldats Roses réalistes et appliqués.
Peniasi Dakuwaqa a d’abord ouvert la marque en profitant d’un coup de pied inspiré de Léo Barré, avant que Joe Marchant ne double la mise sur une pénalité rapidement jouée par Paul Abadie, relayé par Jeremy Ward. Le réveil girondin a été porté par Damian Penaud, dominateur dans les airs, et concrétisé en mêlée puis par un essai du demi Arthur Retière.
Sanctionné d’un carton jaune pour fautes répétées, Louis Carbonel a toutefois relancé l’UBB dans la partie, avant que Tanginoa Halaifonua ne redonne l’avantage au Stade Français juste avant la pause (14-21).
Jalibert, toujours aussi inspiré, a ramené les siens à hauteur après la reprise grâce à un superbe jeu au pied, puis une combinaison avec Boris Palu et Salesi Rayasi pour passer devant (28-26, 47e). Mais sa sortie à la 56e minute a coïncidé avec le déclin des Bordelais, en difficulté en touche et pénalisés dans les moments clés.
Yoan Tanga a redonné l’avantage aux Parisiens en force (67e), avant que les Girondins, poussés par un Chaban-Delmas en fusion, ne manquent la dernière pénaltouche de l’espoir – le lancer de Maxime Lamothe étant contré, comme un symbole de leur impuissance.
Une belle opération pour le Stade Français, solide et opportuniste, face à une UBB frustrée et en manque de fraîcheur.

