Il y a des silences qui font plus de bruit qu’un long discours. Jeudi 14 mai, quand Didier Deschamps a égrené les 26 noms de sa liste pour la Coupe du monde 2026 sur le plateau de TF1, un club a retenu son souffle. En vain.
L’Olympique de Marseille, club le plus populaire de France, seul champion d’Europe tricolore, ne compte pas un seul représentant dans le groupe des Bleus pour le Mondial au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Une première depuis une éternité. Un camouflet historique.
Une saison pour oublier
Pour comprendre cette absence, il faut retracer le fil d’une saison catastrophique. Après un début d’exercice prometteur sous Roberto De Zerbi — champion d’automne, retour en Ligue des champions —, l’OM s’est effondré dans les grandes largeurs en 2026. Le départ précipité de l’entraîneur italien en février, remplacé par un Habib Beye sans légitimité aux yeux d’une partie du vestiaire, a précipité la chute. Résultat : septième place en Ligue 1, élimination de la Ligue des champions dès la phase de ligue, et maintenant cette humiliation internationale.
Aucun joueur de l’OM dans la liste des Bleus. Pas même Adrien Rabiot, parti à l’AC Milan. Pas Mason Greenwood, britannique. Pas Pierre-Emile Højbjerg, danois. Les Français du club n’ont tout simplement pas eu le niveau pour s’imposer dans les radars du sélectionneur. Une génération entière à côté de la plaque.
Le symbole d’un club en décomposition
Ce que révèle cette absence dépasse le simple cadre sportif. Elle dit quelque chose de profond sur l’état actuel de l’institution marseillaise. À une époque, l’OM était un vivier naturel pour l’équipe de France. Deschamps lui-même y a construit sa légende. Zidane, Cantona, Papin, Samir Nasri : le Vélodrome a toujours été une rampe de lancement vers les Bleus. Aujourd’hui, c’est le vide.
Le club traverse une crise de gouvernance sans précédent depuis des années. Medhi Benatia quitte son poste de directeur sportif en fin de saison. Beye ne sera pas conservé. Le futur président Stéphane Richard, attendu aux manettes le 2 juillet, hérite d’une structure à reconstruire de fond en comble, avec un mercato estival qui s’annonce décisif — et possiblement le départ de Mason Greenwood, sa star la plus bankable.
Une reconstruction urgente, un avertissement sévère
La Coupe du monde 2026 se jouera sans Marseille. Ce constat, aussi brutal soit-il, doit servir d’électrochoc. Le prochain entraîneur de l’OM — Bruno Genesio tient la corde selon les sources proches du club — reprendra les rênes d’un effectif à reconstruire, dans un club qui a perdu en chemin sa capacité à produire, à révéler, à rayonner.
L’absence de la liste de Deschamps n’est pas un accident. C’est le reflet exact de ce qu’est devenu l’OM en 2026 : un grand club qui s’est perdu. La question n’est plus de savoir si la reconstruction est nécessaire. Elle l’est. La question, c’est de savoir si les bonnes personnes seront là pour la mener.



