MotoGP – Marc Márquez opéré du pied et de l’épaule : le titre 2026 s’éloigne dangereusement

Il revenait de si loin. Après des années ravagées par les blessures, Marc Márquez avait retrouvé l’an dernier ce qui fait de lui un champion hors norme : la capacité à tout surmonter. Un septième titre en MotoGP, décroché malgré quatre week-ends manqués en fin de saison. Une résurrection. Samedi au Mans, le cauchemar a recommencé.

La chute, le silence, puis le verdict

Tout s’est joué à l’avant-dernier tour de la course sprint du Grand Prix de France, au virage 13 du circuit Bugatti. Alors qu’il pointait à la septième place, le Catalan de 33 ans a perdu l’avant de sa Ducati officielle et a été éjecté par-dessus le guidon — ce que les pilotes appellent un high-side, l’une des chutes les plus violentes du motocyclisme. Sa machine a effectué plusieurs tonneaux avant de frôler son pilote au sol. Márquez s’est relevé en boitant, visiblement touché, et a regagné son garage sous le regard inquiet du paddock.

Le diagnostic est tombé sans tarder. Ducati a confirmé dans un communiqué officiel : fracture du cinquième métatarse du pied droit. Le champion du monde en titre ne prendra pas le départ du Grand Prix de France ce dimanche, ni celui de Catalogne la semaine prochaine. Il s’est envolé samedi soir pour Madrid, où une opération l’attend dans les prochains jours.

Double peine : le pied et l’épaule

Mais ce n’est pas tout. Márquez a révélé au micro de DAZN qu’une deuxième intervention chirurgicale était déjà programmée — cette fois sur l’épaule droite, celle qui le hante depuis sa blessure en Indonésie en 2025. Une vis cassée au niveau de l’omoplate s’était déplacée, touchant le nerf radial. « À la maison je me sentais bien, mais ici cela m’empêchait de piloter. C’est ce qui me fait faire des erreurs, manquer de constance et avoir des chutes inattendues », a-t-il expliqué, lucide et mesuré comme à son habitude face à l’adversité.

Les deux opérations seront réalisées en une seule fois. Le délai de récupération pour l’épaule serait relativement court selon les médecins, mais avec la fracture au pied qui s’ajoute à l’équation, le calendrier de retour reste très incertain.

Un huitième titre qui s’envole

Sportivement, le tableau est sombre. Cinquième du championnat avant ce week-end manceau, Márquez accusait déjà 51 points de retard sur le leader Marco Bezzecchi (Aprilia). Avec les Grands Prix de France et de Catalogne d’ores et déjà rayés de sa saison, ce déficit pourrait avoisiner la centaine de points dans huit jours. Un gouffre, à mi-saison.

Celui qui espérait décrocher un huitième titre pour égaler la légende Giacomo Agostini voit cet objectif s’éloigner à grande vitesse. D’autant que cette saison, avant sa chute, il n’avait toujours pas inscrit le moindre podium en Grand Prix — signe que les séquelles de son épaule pesaient bien plus qu’il ne le laissait paraître.

Une matinée prometteuse, une après-midi brisée

L’ironie du sort : la journée de samedi avait pourtant commencé sous les meilleurs auspices. Márquez avait battu le record du circuit du Mans lors des qualifications Q1. Quelques minutes plus tard, son coéquipier Francesco Bagnaia lui avait soufflé la pole en Q2, avant que Jorge Martin (Aprilia), parti huitième, ne s’impose en course sprint grâce à un départ foudroyant.

Márquez, lui, n’a pas vu l’arrivée. Et son titre 2026, déjà mal engagé, tient désormais à un fil.