Face à l’Espagne, l’équipe de France de handball a signé une prestation convaincante pour ses débuts sous la houlette de Talant Dujshebaev. Une soirée prometteuse au Mans avant le match retour à Ciudad Real.
L’équipe de France a retrouvé le sourire. Pour son premier match sous la direction de Talant Dujshebaev, le nouveau sélectionneur espagnol d’origine kirghize, les Bleus ont battu l’Espagne (29-26), jeudi soir à Antarès, au Mans. Plus qu’un simple succès amical, cette victoire symbolise le début d’une nouvelle dynamique après un Euro raté (7e place) et la fin du mandat de Guillaume Gille. Portée par l’envie de tourner la page, la France a affiché un visage conquérant et discipliné, devant un public déjà conquis par son nouveau chef.
Une équipe remodelée et réactive
Ovationné à l’annonce des compositions, Dujshebaev n’a pas tardé à imprimer sa marque. Fidèle à sa réputation de technicien exigeant et passionné, il a procédé à de nombreux ajustements. Ludovic Fabregas, capitaine habituel, a débuté sur le banc, laissant sa place à Nicolas Tournat au pivot, tandis que Thibaud Briet s’est imposé en défense. Le sélectionneur a pris soin d’offrir du temps de jeu à la quasi-totalité de son effectif, incluant une première sélection pour Eliott Desblancs, jeune demi-centre de 21 ans d’Aix-en-Provence, récompensé d’une tape amicale du coach après sa sortie.
Cette rotation massive n’a pas perturbé la fluidité du collectif. Bien au contraire : les Bleus ont su accélérer après la pause, notamment grâce à l’entrée du gardien Valentin Kieffer, auteur d’un arrêt déterminant dès son premier ballon. Sa prestation solide (6 arrêts sur 17 tirs) a accompagné un break décisif (19-15), que les coéquipiers de Dika Mem ont su préserver malgré le retour espagnol en fin de rencontre.
Dujshebaev, l’empreinte d’un meneur habité
Toujours debout, gesticulant sur son banc, le double meilleur joueur du monde (1994, 1996) a rappelé pourquoi il était considéré comme un stratège hors pair. Entre consignes précises, ajustements tactiques et élans de ferveur, Dujshebaev a donné le ton d’un management à la fois méthodique et passionné. On l’a vu haranguer Dika Mem pour temporiser, corriger Remili sur une séquence défensive, ou féliciter ses hommes après une récupération clé — un style énergique qui contraste avec la retenue de son prédécesseur.
Ce premier succès, conquis face à la Roja qui les avait battus à l’Euro (36-32), sonne comme un symbole. À la fois esprit de revanche et promesse d’un renouveau. Dimanche, à Ciudad Real, les Bleus tenteront de confirmer cette impulsion naissante face à des Espagnols revanchards. Mais une chose est sûre : avec Talant Dujshebaev, le feu sacré semble bel et bien rallumé dans la maison bleue.

