Yacine Adli ouvre la porte à l’Algérie : le revirement d’un joueur coincé entre deux drapeaux

Pendant des années, la position de Yacine Adli semblait gravée dans le marbre : jouer pour l’équipe de France, ou ne pas jouer du tout.

En septembre dernier encore, le milieu franco-algérien de 25 ans réaffirmait publiquement qu’il ne changerait pas d’avis, quitte à essuyer une vague de critiques et d’insultes en Algérie. Quelques mois plus tard, le joueur d’Al-Shabab en Arabie Saoudite se ravise — et l’assume.

La pression, les insultes, et un mot de trop

Adli explique aujourd’hui que sa déclaration de fermeté était avant tout une réaction épidermique à un déferlement de haine. « Des gens m’ont insulté, m’ont dit qu’ils ne voulaient pas que je mette un pied en Algérie. Donc j’avais répondu : ne vous inquiétez pas, je ne suis pas quelqu’un qui va changer d’avis. Mais en réalité, même ça, c’est une connerie », confie-t-il à SporTeam.

Il reconnaît que cette sortie, pensée comme une réponse aux attaques, s’est finalement retournée contre lui. « Ça m’a plus desservi au final, parce que ça me prive d’une chose pour laquelle je suis légitime. »

Le regret d’un choix figé trop tôt

Sans jamais avoir reçu la moindre convocation en équipe de France A, Adli voit le temps passer et les portes se refermer. L’exemple d’Issa Diop — défenseur marocain qui a changé de sélection à 29 ans après avoir lui aussi juré de ne pas le faire — lui sert de miroir. « À un certain âge, il y a un regret », admet-il avec franchise.

L’ancien joueur de Bordeaux — où il avait déjà croisé le sélectionneur algérien Vladimir Petkovic — prend soin de préciser qu’il n’a jamais voulu dévaloriser les Fennecs : « J’ai énormément d’amis qui y jouent, j’ai un grand respect pour l’équipe nationale. » Ce qui avait été perçu comme du mépris n’était, selon lui, qu’une ambition mal exprimée au mauvais moment.

Un dossier relancé pour la Fédération algérienne

La porte est donc désormais entrouverte. Reste à savoir si la Fédération algérienne saisira l’opportunité de relancer les discussions avec un joueur éligible, techniquement compétent, et visiblement prêt à reconsidérer une position qu’il reconnaît lui-même avoir tenue par orgueil autant que par conviction.