Strasbourg, dommage collatéral de Chelsea ? Mauvaise nouvelle avant le match retour de la Ligue Conférence

La société mère BlueCo, propriétaire de Chelsea et du RC Strasbourg, accumule près de 2 milliards d’euros de pertes depuis 2022, soit un déficit de 12 millions d’euros par semaine. Entre masse salariale incontrôlable à Londres et prêts toxiques qui gonflent la dette, le club alsacien pourrait bien payer l’addition d’une gestion londonienne hors normes.

Depuis le rachat de Chelsea par Todd Boehly et BlueCo en 2022, la machine financière s’emballe sans jamais trouver son équilibre. Sur le seul exercice 2024-2025, les Blues ont enregistré une perte avant impôts comprise entre 262 et 328 millions d’euros — un record absolu dans l’histoire de la Premier League. La cause est connue : une masse salariale de 431 millions d’euros et des amortissements de transferts atteignant 257 millions d’euros, le tout dans une stratégie de recrutement ultra-agressive bâtie sur des contrats longue durée pour contourner les règles du fair-play financier. Les revenus ne couvrent plus les dépenses. Le résultat, c’est un groupe BlueCo qui affiche près de 2 milliards d’euros de pertes cumulées depuis 2022, soit un déficit de 12 millions d’euros chaque semaine sans exception.

C’est dans ce contexte que Strasbourg apparaît comme le maillon le plus vulnérable de l’équation. Pour 2024-2025, le RC Strasbourg anticipait déjà une perte d’environ 112 millions d’euros — considérable pour un club de Ligue 1. Mais le danger le plus redoutable est structurel : le groupe a recours à des prêts PIK (Payment-In-Kind) à 11,5 % d’intérêts, un mécanisme où les intérêts ne sont pas remboursés en cash mais capitalisés, c’est-à-dire ajoutés au capital. La dette grossit donc d’elle-même, portant l’endettement global du groupe à 1,67 milliard d’euros — une boule de neige qui ne s’arrête pas. Si Chelsea concentre l’essentiel du problème, c’est bien le club alsacien — structure plus fragile, revenus plus limités, marché plus petit — qui risque de subir les conséquences les plus lourdes en cas de restructuration forcée du groupe.