Stiller dans les pas de Kroos, Madrid à l’affût

À 24 ans, Angelo Stiller est en train de s’imposer comme le cerveau du VfB Stuttgart. Vision, maîtrise du tempo, précision chirurgicale : le parallèle avec Toni Kroos s’installe, pendant que le Real Madrid observe discrètement.

Angelo Stiller, 24 ans, régale Stuttgart semaine après semaine. La comparaison avec Toni Kroos n’est plus un simple compliment lancé à la volée : vision qui découpe les blocs, passes longues déposées avec une précision d’orfèvre sur Undav ou Demirović, et ce calme presque insolent au cœur du pressing adverse. Avec près de 90 % de passes réussies en Bundesliga, il est devenu le métronome d’un collectif façonné à son image par Sebastian Hoeneß, qui l’a installé au centre du jeu depuis son arrivée. En ce mois de février chargé, entre championnat et Europe, Stiller porte les Schwaben avec une autorité tranquille.

Mais le tableau n’est pas sans fissures. Les chiffres racontent aussi une autre réalité : s’il excelle à la relance, son impact dans les duels baisse dès que l’intensité monte d’un cran. Face aux blocs physiques comme Leverkusen, il a parfois souffert, et certains matchs récents l’ont montré plus exposé. À ce niveau-là, la marge est fine. La Serie A ou la Liga ne pardonnent pas les temps faibles, surtout quand les attentes deviennent démesurées. Hoeneß parle d’un « joyau interne », mais Stuttgart a déjà appris à ses dépens que les blessures et le ciblage adverse peuvent vite freiner une dynamique.

Stiller incarne malgré tout le Stuttgart renaissant : collectif, discipliné, loin des egos tapageurs. L’idée de le voir un jour en blanc circule déjà. Alimenter Jude Bellingham, lancer Vinícius dans la profondeur, dicter le tempo au Bernabéu… la projection fait rêver. Mais avant les fantasmes, il y a le présent. Vendredi face à Heidenheim, un nouveau test l’attend. Et comme souvent, ses diagonales diront beaucoup plus que les comparaisons.