Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur et d’une lésion du ménisque droit, Rodrygo ne rejouera pas cette saison et manquera la Coupe du monde 2026. Derrière cette tragédie sportive, un passé médical qui interroge : fallait-il intervenir plus tôt ?
Le Real Madrid a perdu bien plus qu’un match face à Getafe lundi soir (0-1). À la 38e minute, Rodrygo s’est effondré, genou tordu, visage crispé. Verdict sans appel dès le lendemain : rupture du ligament croisé antérieur et du ménisque latéral. Fin de saison, probablement un an d’absence, et une Coupe du monde qui s’envole. À 25 ans, l’ailier brésilien vit le tournant le plus brutal de sa jeune carrière.
Un genou fragilisé depuis 2023
Ce drame ne tombe pourtant pas du ciel. L’histoire remonte à 2023, lors d’un match de la Seleção. Ce soir-là, Rodrygo avait ressenti une vive douleur au genou droit. Les examens avaient alors révélé une rupture partielle du même ligament. À son retour à Madrid, le staff médical, en accord avec le joueur, avait opté pour un traitement conservateur : pas de chirurgie, mais une rééducation intensive et un protocole musculaire renforcé.
Une approche fréquente dans le sport de haut niveau, où chaque semaine d’indisponibilité coûte cher. Et pendant deux ans, tout avait semblé tenir. Titulaire indiscutable au Real, décisif avec le Brésil, Rodrygo avait traversé les saisons sans alerte majeure.
Mais sous la surface, la menace restait présente. Un ligament partiellement rompu ne se régénère jamais totalement. Et malgré le suivi rigoureux, chaque accélération, chaque appui pouvait tout faire basculer.
Entre prudence médicale et pression sportive
D’après The Athletic, le dossier avait été suivi « avec les plus hauts standards médicaux ». Le camp du joueur a d’ailleurs tenu à rappeler que « toutes ses blessures ont toujours bénéficié des soins les plus adaptés ». Une manière de couper court aux accusations de négligence.
Mais la question demeure : le Real et la Seleção ont-ils pris un risque calculé… ou dangereux ? Les avis divergent parmi les spécialistes. Certains estiment qu’une opération en 2023 aurait réduit la probabilité d’une rechute. D’autres affirment qu’aucun protocole ne garantit la protection d’un ligament abîmé dans un sport aussi exigeant.
Dans les faits, Rodrygo a disputé plus de 100 matchs depuis sa première lésion. Son genou a tenu, jusqu’à cette soirée à Getafe où, sur une réception anodine, il a cédé.
Un coup d’arrêt brutal, et la peur du vide
Sur Instagram, le joueur a résumé la douleur en une phrase glaçante : « L’un des pires jours de ma vie. J’ai toujours redouté cette blessure. » Comme si, au fond, il savait que le compte à rebours était lancé depuis longtemps.
Pour le Real Madrid, cette perte pèse lourd : un titulaire majeur écarté jusqu’en 2027, un plan de jeu bouleversé, et une réflexion inévitable sur la gestion du risque médical dans un calendrier surchargé.
Rodrygo, lui, devra patienter. Réapprendre à courir, à frapper, à reprendre confiance. Son talent n’est pas perdu. Mais son genou, désormais, fera partie de l’histoire de sa carrière – celle d’un joueur brillant, frappé par une blessure que certains, peut-être, avaient vue venir.

