Il devait démissionner. Il a fait tout le contraire. Ce mardi 13 mai, Florentino Pérez a convoqué en urgence les médias pour l’une des conférences de presse les plus électriques de son règne à la tête du Real Madrid.
Résultat : une déclaration de guerre, des élections annoncées, et une charge frontale contre une partie de la presse espagnole.
« Je ne démissionnerai pas »
Depuis plusieurs semaines, la pression s’accumule sur le président merengue. Une Liga et une Ligue des champions perdues, une saison blanche difficile à digérer pour les socios, et dans les coulisses, des rumeurs qui enflent : Florentino serait fatigué, affaibli, prêt à passer la main. Certains médias sont même allés plus loin, évoquant une maladie grave.
Face aux journalistes, le patron du Real Madrid a balayé tout cela d’un revers de main. « Certains disent que j’ai un cancer en phase terminale. Je suis en parfaite santé et je continue de présider le club et mon groupe industriel, qui génère 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel », a-t-il déclaré, sur un ton particulièrement acéré.
Des élections pour reprendre la main
Grande annonce de la soirée : Florentino Pérez a demandé à la commission électorale d’organiser de nouvelles élections au conseil d’administration. Une décision en apparence démocratique, mais surtout stratégique. En convoquant lui-même ce scrutin, le président cherche à valider sa légitimité auprès des membres du club, à l’heure où ses détracteurs s’agitent dans l’ombre.
« J’appelle à des élections pour défendre les socios. Au Real Madrid, ce sont eux les propriétaires, pas les journalistes ni leurs réseaux », a-t-il martelé, téléphone en main, lisant à voix haute certains articles qu’il juge mensongers, ciblant nommément les médias ABC et Relevo.
Un bilan brandi comme un bouclier
Pour justifier sa légitimité, Pérez a rappelé l’étendue de son palmarès. Depuis son retour à la présidence en 2009 — après un premier passage entre 2000 et 2006 —, le club a décroché 37 titres en football et 29 en basket. « Je suis le premier à vouloir tout gagner. Mais ne pas remporter la Liga et la Ligue des champions cette saison ne justifie pas ce chaos médiatique inventé de toutes pièces », a-t-il insisté.
Un message clair aux candidats potentiels
Florentino a aussi lancé un défi direct à ceux qui lorgnent son fauteuil depuis les coulisses. « Qu’ils arrêtent de manœuvrer dans l’ombre et qu’ils se présentent ouvertement. Qu’ils expliquent comment ils comptent financer leur campagne. » Une invitation aussi froide qu’un avertissement.
À 26 ans de présidence cumulée, l’homme d’affaires madrilène ne montre aucun signe d’essoufflement politique. Mieux, il semble galvanisé par les critiques. « Ils me donnent de l’énergie », a-t-il conclu avec un sourire.
Une chose est sûre : la guerre entre Florentino Pérez et une partie de la presse espagnole ne fait que commencer.

