Florian Thauvin est patient, mais l’attente commence à durer. L’ailier français, qui évolue au Tigres UANL au Mexique, a confirmé figurer dans la préliste de l’équipe de France depuis près de deux ans. Après avoir croisé le sélectionneur, il espère désormais décrocher sa place dans la liste définitive pour la Coupe du monde 2026. Sans certitude, mais sans désespoir.
La scène se répète depuis bientôt deux ans, et Florian Thauvin commence à la connaître par cœur. L’ailier international français, épanoui sous les couleurs des Tigres UANL au Mexique, fait partie de la préliste de l’équipe de France — c’est officiel, c’est confirmé, et ce n’est pas une surprise. Mais entre figurer sur une liste élargie de 55 noms et décrocher une place dans la liste définitive de 26 joueurs qui disputeront la Coupe du monde 2026, il y a un monde. Un monde que Thauvin espère franchir, lucide sur sa situation : « Je fais partie de la pré-convocation. Après, je n’ai pas plus d’informations que ça sur l’initiative. » Des mots mesurés, d’un homme qui connaît les règles du jeu.
La rencontre avec le sélectionneur, évoquée par le joueur lui-même, est un signal encourageant sans être une garantie. « J’ai croisé le coach hier, comme de nombreuses personnes du foot, mais c’était très court », a-t-il précisé, veillant à ne pas surinterpréter un échange bref dans un contexte où des dizaines de joueurs sont observés simultanément. À 32 ans, Florian Thauvin incarne une trajectoire singulière dans le football français : parti pour le Mexique après des passages en demi-teinte, il s’est reconstruit loin des regards européens pour devenir l’un des joueurs les plus décisifs de la Liga MX, s’offrant au passage un titre de champion du monde en 2018 et une médaille d’or olympique en 2021. Son profil est rare, son expérience précieuse — et Deschamps le sait.
La vérité, c’est que la situation de Thauvin résume parfaitement le dilemme du sélectionneur face aux joueurs évoluant hors des grands championnats européens. « Ça fait déjà presque deux ans maintenant » qu’il est dans la préliste, dit-il avec un calme qui cache peut-être une légère impatience. Deux ans à bien faire, à être visible, à cocher les cases sans jamais recevoir le coup de téléphone tant attendu. À quelques semaines de la Coupe du monde 2026 organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique — pays où il joue et dont il connaît les terrains, le climat et la culture comme personne — Florian Thauvin pourrait bien représenter l’atout surprise d’une France qui aurait tout intérêt à ne pas passer à côté.

