Courtisé par l’OM, annoncé sur le départ, pressenti pour la Coupe du monde 2026 : Robin Risser aurait pu choisir la gloire ailleurs. Il a choisi Bollaert. Une déclaration d’amour rare, dans un football où la loyauté se négocie au plus offrant.
Il y a des joueurs qui partent sans prévenir. Et il y a Robin Risser, qui annonce qu’il reste — haut et fort, en conférence de presse, les yeux dans les yeux. Dans un mercato estival qui s’annonce agité pour le RC Lens, le gardien de 24 ans a choisi de couper court aux rumeurs avant même que la saison ne soit terminée. Son message, limpide : il n’ira nulle part.
L’OM croyait tenir sa piste. Risser a tranché.
Depuis plusieurs semaines, le nom de Robin Risser circulait avec insistance du côté de Marseille. L’Olympique de Marseille, en quête d’un gardien de haut niveau pour remodeler son secteur défensif, avait coché sa case. Les médias spécialisés relayaient l’intérêt, les rumeurs s’emballaient, et le doute commençait à s’installer dans les tribunes de Bollaert.
Puis Risser a parlé. « Je ne pense pas à autre part. Je suis vraiment focus sur ce beau club. Pour moi, je suis privilégié d’être ici. C’est important d’honorer ce maillot jusqu’à la fin. » Une phrase, et le dossier OM était refermé. Pas de négociation, pas d’ambiguïté stratégique. Une fidélité assumée, presque anachronique dans le paysage footballistique actuel.
Une saison XXL qui change tout
Si les convoitises sont aussi vives, c’est que Risser a tout simplement réalisé l’une des meilleures saisons de Ligue 1 à son poste. Deuxième meilleur pourcentage d’arrêts du championnat derrière Hervé Koffi, auteur de plusieurs matchs décisifs dans la course lensoise aux places européennes, le gardien alsacien s’est imposé comme une valeur sûre du top 5 français. Sous les ordres de Pierre Sage, il a gagné en autorité, en leadership, en présence dans les grands rendez-vous.
Cette montée en puissance n’a pas échappé aux sélectionneurs. Plusieurs observateurs le placent désormais parmi les profils susceptibles d’intégrer le groupe de l’équipe de France à l’horizon de la Coupe du monde 2026. Un horizon qui rend d’autant plus surprenant — et admirable — son refus de rejoindre un club au rayonnement plus immédiat.
« L’année prochaine, de belles choses nous attendent »
Ce qui ressort de ses prises de parole, c’est une conviction profonde dans le projet lensois. « Je pense que je ne suis pas arrivé à la fin de mon aventure ici. Surtout que là, on a une magnifique fin de saison qui nous attend », a-t-il glissé, avant d’ajouter : « L’année prochaine, je pense qu’il y a aussi, je nous le souhaite, si on fait bien les choses, de belles choses qui nous attendent. »
Ces mots ne sont pas ceux d’un joueur qui se résigne. Ce sont ceux d’un gardien qui croit en quelque chose. Avec une qualification en Ligue des Champions qui se dessine au classement, Risser perçoit Lens non pas comme une étape, mais comme un tremplin qu’il entend vivre pleinement — maillot sur le dos, pas dans une valise.
Un socle mental pour Pierre Sage
Pour le staff lensois, cette déclaration a la valeur d’un signal fort. Dans un vestiaire qui va connaître plusieurs départs sensibles cet été — Wesley Saïd vers le Qatar, des incertitudes autour de Malang Sarr, de Saud Abdulhamid ou d’Adrien Thomasson — savoir que le dernier rempart est ancré, serein et engagé change la donne. Un gardien qui reste, c’est une colonne vertébrale qui tient. Et à Bollaert, les colonnes vertébrales, ça compte.
Robin Risser aurait pu partir. Il a choisi de construire. Dans le football d’aujourd’hui, c’est presque un acte de résistance.

