Équipier de légende de Raymond Poulidor et Jacques Anquetil, le seul Icaunais maillot jaune du Tour de France est décédé à 86 ans

Équipier de légende de Raymond Poulidor et Jacques Anquetil, Raymond Riotte s’est éteint le mardi 14 avril 2026 à l’hôpital d’Avallon. Avec lui disparaît le seul coureur originaire de l’Yonne à avoir revêtu la tunique dorée du Tour de France, lors de l’édition 1967.

Né le 16 février 1940 à Sarry, dans l’Yonne, Raymond Riotte avait entamé le cyclisme sur le tard, à 22 ans, au Vélo Club Auxerrois. Rien ne prédestinait cet ancien militaire à briller sur les plus grandes courses du monde — et pourtant. Après quatre saisons amateurs remarquées, il passe professionnel en 1966 au sein de l’équipe Ford. Dès l’année suivante, sur son tout premier Tour de France sous les couleurs de la formation BIC, il s’empare du maillot jaune à l’issue de la 7e étape, devenant instantanément une figure unique dans l’histoire du cyclisme bourguignon.

Cette édition 1967 restera son fait d’armes le plus mémorable. Riotte ne se contente pas du maillot jaune : il endosse également le maillot vert de meilleur sprinter et remporte en prime la 12e étape entre Digne et Marseille, son unique succès sur la Grande Boucle. Une performance d’autant plus impressionnante que Raymond Poulidor lui-même, qui fut son leader chez Mercier, s’en émerveillait encore des années plus tard : selon « Poupou », Riotte « contrôlait la course, courait en tête et se trouvait souvent dans la bonne échappée ». Ici Au total, Riotte participera à huit Tours de France, terminant 34e en 1971, son meilleur classement général, avant de mettre un terme à sa carrière en 1975 avec 22 victoires professionnelles à son palmarès.

Au-delà des chiffres, Raymond Riotte incarne une génération de coureurs à l’ancienne, forgés dans l’effort discret et le dévouement collectif. Équipier précieux de Jacques Anquetil et Jean Stablinski chez BIC, puis de Poulidor chez Mercier, il fut également un compagnon de route apprécié de Bernard Thévenet, double vainqueur du Tour. Ce dernier témoignait de son affection pour « l’icône » en évoquant sa solidité et sa fiabilité au sein du peloton. Ici Son maillot jaune, soigneusement encadré dans une roue de vélo chez lui à Noyers-sur-Serein, symbolisait à lui seul tout ce que le cyclisme populaire peut avoir de plus beau : un rêve de gamin devenu réalité, une journée en jaune gravée pour l’éternité.