Il y a une constance dans la stratégie mercato de Chelsea depuis deux saisons : quand le club londonien a un problème, il cherche la solution au Portugal.
Après avoir déboursé plus de 100 millions d’euros sur le Sporting CP pour recruter Geovany Quenda et Dário Essugo, les Blues ont à nouveau braqué leur radar sur la Primeira Liga. Cette fois, la cible s’appelle William Gomes, 20 ans, ailier brésilien du FC Porto — et l’addition pourrait atteindre 65 millions d’euros.
Une crise offensive qui appelle une réponse radicale
Pour comprendre l’urgence qui anime Chelsea dans ce dossier, il faut regarder les chiffres récents. Zéro but inscrit lors de quatre de leurs cinq derniers matchs de Premier League, une attaque qui tourne à vide, et une saison qui menace de se refermer sans le moindre titre. Seul Cole Palmer surnage dans un dispositif offensif qui manque cruellement de solutions sur les ailes.
Enzo Maresca le sait mieux que quiconque : sans un ailier capable de créer du danger en un contre un, de déséquilibrer les défenses dans la profondeur et de peser sur les grands matchs, le projet Chelsea restera à mi-chemin entre ambition affichée et résultats décevants. William Gomes, selon les informations publiées par TopMercato les 14 et 15 avril et relayées par MercatoLive, correspond exactement à ce profil. Les recruteurs des Blues étaient présents ce jeudi soir pour observer le joueur lors du match retour de Ligue Europa entre Porto et Nottingham Forest — un signe d’intérêt on ne peut plus concret.
Un profil taillé pour la Premier League
À 20 ans, William Gomes n’en est qu’à ses débuts sur la scène européenne, mais ce qu’il a montré depuis son arrivée à Porto à l’été 2024 — pour environ 12 millions d’euros en provenance d’un club brésilien mineur — témoigne d’une progression fulgurante. Cette saison, il comptabilise 11 buts et 7 passes décisives en 32 matchs toutes compétitions confondues, avec une vitesse explosive et une moyenne de 3,2 dribbles réussis par match qui le placent parmi les ailiers les plus tranchants du championnat portugais.
Formé au Brésil avant de traverser l’Atlantique, l’international U20 auriverde s’est rapidement imposé comme titulaire régulier sous les ordres de Sérgio Conceição. Son profil — capable d’évoluer sur les deux ailes, léthal dans les espaces, à l’aise techniquement — rappelle les caractéristiques de Mykhailo Mudryk à son arrivée à Londres, en mieux construit tactiquement. Chelsea le voit d’ailleurs explicitement comme le successeur de l’Ukrainien, dont l’aventure londonienne n’a jamais vraiment décollé.
Porto ferme sur le prix, la concurrence s’active
Du côté du Estádio do Dragão, les dirigeants portugais n’ont aucune intention de brader leur pépite. Après avoir cédé Quenda au Sporting pour 50 millions d’euros — un montant qui a reconfiguré le marché des jeunes talents lusitaniens — Porto entend maintenir des exigences élevées pour tout départ. La clause libératoire estimée par les sources portugaises et internationales tourne autour de 65 millions d’euros, valeur que Transfermarkt fixe pour l’instant à 35 millions sur la base du marché, soulignant que Porto a pris une marge confortable dans la négociation.
Chelsea ne serait pas seul sur ce dossier. Liverpool, en quête d’un successeur à Mohamed Salah sur l’aile droite, aurait également activé ses réseaux, et le FC Barcelone suivrait la situation avec attention. Mais les Blues disposent d’un avantage structurel non négligeable : les salaires proposés en Premier League, combinés à la politique de Clearlake Capital — qui a déjà fait de l’investissement sur de jeunes talents brésiliens une marque de fabrique, comme en témoigne le recrutement de João Pedro à Brighton pour 60 millions — font de Chelsea l’employeur le plus attractif sur ce profil.
Un été décisif
Aucune offre officielle n’a encore été déposée sur le bureau de Porto. La décision de Chelsea devrait intervenir en juin, une fois connus les résultats finaux des Blues en Premier League et l’issue de la campagne européenne des Dragões. Mais dans ce dossier, tout indique que la direction est prise.
La question n’est plus de savoir si Chelsea veut William Gomes. C’est de savoir combien Porto va leur faire payer.

