La Juventus s’active pour Mason Greenwood cet été. L’OM a fixé son prix à 50 millions d’euros. Mais entre la clause de rachat de Manchester United, les 50% à la revente dus aux Red Devils et l’interdiction de Premier League, Marseille risque de vendre sa star sans vraiment en profiter.
Il y a des transferts qui ressemblent à des victoires et qui n’en sont pas vraiment. Celui de Mason Greenwood risque d’en faire partie. L’attaquant anglais de 24 ans, meilleur joueur de l’OM sur les deux dernières saisons malgré une fin d’exercice en demi-teinte, s’apprête à vivre un été décisif. La Juventus Turin est passée à l’offensive. Marseille a fixé son prix. Mais les chiffres, une fois décortiqués, racontent une histoire bien moins glorieuse pour le club phocéen.
La Juventus flaire l’opportunité
Selon La Gazzetta dello Sport, la Vieille Dame suit Mason Greenwood depuis plusieurs années — déjà positionnée en 2023, puis à l’été 2024 avant que l’OM ne boucle son recrutement. Deux ans plus tard, l’intérêt turinois est intact, et la situation sportive et financière de Marseille transforme ce dossier en opportunité réelle. Le raisonnement est simple : si l’OM rate la qualification européenne ou se retrouve contraint de vendre pour équilibrer ses comptes devant la DNCG, le rapport de force bascule côté acheteur.
La Juventus envisagerait même d’intégrer un joueur dans la négociation pour faire baisser la facture — le nom d’Edon Zhegrova circulant dans les discussions. Une manière de complexifier un dossier que Marseille voudrait garder aussi simple et rentable que possible.
Le prix affiché, et le prix réel
L’OM a fixé la barre à 50 millions d’euros. Sur le papier, ce serait un transfert record pour le club, une opération qui renflouerait des caisses dans le rouge et permettrait de reconstruire un effectif décimé par une saison chaotique.
Mais voilà le nœud du problème : Manchester United a négocié lors de la vente initiale en 2024 une clause de rétrocession de 50% sur la future revente de Greenwood. Autrement dit, sur 50 millions encaissés, Marseille ne toucherait qu’environ 25 millions d’euros nets. McCourt, qui attendait une plus-value substantielle pour attirer de nouveaux investisseurs, devra revoir ses ambitions à la baisse. Une clause de rachat permettrait en outre à United de récupérer le joueur sous certaines conditions — une épée de Damoclès supplémentaire au-dessus de la tête marseillaise.
L’angle mort : où peut-il aller ?
Ce qui complique encore davantage ce dossier, c’est la liste des destinations possibles pour Greenwood. Un retour en Angleterre est exclu — l’attaquant est interdit de Premier League depuis les accusations de violences conjugales en 2021, charges finalement abandonnées mais dont l’image reste durablement entachée outre-Manche. Cela réduit mécaniquement sa valeur marchande, et donc la marge de négociation de l’OM.
L’Atlético de Madrid figure également parmi les clubs intéressés. Mais entre deux prétendants seulement — la Juventus et les Colchoneros — Marseille ne dispose pas du levier d’une enchère concurrentielle qui aurait pu faire monter les prix à 70 ou 80 millions.
Une vente nécessaire, un bénéfice relatif
Ce que révèle ce dossier, au fond, c’est la fragilité du modèle marseillais. Greenwood a été recruté à 31 millions d’euros avec des clauses contractuelles qui limitent sévèrement la plus-value en cas de revente. Dans un club en bonne santé, on aurait pu se permettre d’attendre, de faire monter les enchères, de choisir son moment. À l’OM aujourd’hui, on vend parce qu’on doit vendre. Et Manchester United touchera sa part, quoi qu’il arrive.
Parfois, les meilleurs buteurs ne rapportent pas autant qu’on le croit.

