Il y a quelques mois encore, l’été marseillais s’annonçait sous le signe de la rigueur budgétaire. Mais les dernières informations qui circulent autour de l’Olympique de Marseille dessinent un tout autre tableau.
Frank McCourt aurait déjà identifié la première source de financement d’un mercato ambitieux, combinant entrée d’investisseur, partenariats commerciaux et vente ciblée de joueurs à haute valeur. Le tout sans remettre la main à la poche personnellement. Un virage stratégique majeur dans la philosophie du propriétaire américain.
McCourt change de logiciel
Depuis son rachat du club en 2016, Frank McCourt a injecté environ 550 millions d’euros dans le projet marseillais. Une somme colossale, mais qui n’a pas suffi à installer durablement l’OM parmi l’élite européenne. Le cap est désormais franchi : le propriétaire américain a publiquement annoncé qu’il ne financerait plus seul les ambitions du club. Pour le mercato d’été 2026, il ne remettra pas au pot. À la place, il s’appuie sur un modèle à trois étages — partenariats commerciaux, entrée d’un nouvel investisseur et cession d’actifs majeurs — pour construire l’enveloppe de recrutement.
Ce n’est pas un désengagement, c’est une évolution. Depuis le début de la saison 2025-2026, McCourt a signé pas moins de quatre gros deals commerciaux pour l’OM, avec des partenaires comme Ebury, Chabrand, eToro ou Kinnarps. L’objectif affiché : porter le chiffre d’affaires du club vers les 240 millions d’euros. Une ambition qui transforme progressivement Marseille en ce que certains appellent déjà un « business club » à la française.
Greenwood, la pièce maîtresse du puzzle
Au cœur du dispositif financier imaginé par McCourt, il y a Mason Greenwood. L’ailier anglais, arrivé à Marseille dans des circonstances particulières, s’est imposé comme l’un des joueurs les plus bankables du championnat. Et sa valeur marchande est aujourd’hui estimée à plus de 70 millions d’euros sur le marché. Selon Foot-Marseillais, sa cession constituerait la plus-value phare du mercato estival, la locomotive financière qui permettrait à l’OM de dégager une marge nette substantielle pour recruter.
Les courtisans ne manquent pas. La Juventus Turin, l’Atletico Madrid et plusieurs clubs saoudiens seraient sur les rangs, avec dans tous les cas des offres susceptibles de dépasser largement la barre des 50 millions d’euros. Pour l’OM, c’est une aubaine : récupérer une grande partie de l’investissement initial tout en libérant une enveloppe significative pour rafraîchir l’effectif cet été.
Un modèle inédit dans le football français
Ce qui rend la stratégie de McCourt particulièrement intéressante — et risquée — c’est sa structure. L’OM ne se contente pas de vendre un joueur pour en acheter un autre. Le club marseillais serait en train de construire un modèle hybride, pionnier à cette échelle en France : un investisseur privé entrant au capital, un portefeuille de sponsors soigneusement structuré, et une gestion précise de la valeur comptable des joueurs en fonction du calendrier et des performances.
En croisant les différents scénarios financiers, les estimations sont vertigineuses. Si un nouvel actionnaire apportait entre 80 et 90 millions d’euros, combinés à une plus-value de 50 à 70 millions via la vente de Greenwood, l’OM pourrait disposer d’une enveloppe globale comprise entre 130 et 160 millions d’euros pour le mercato 2026-2027. À titre de comparaison, le budget de transferts habituel du club ces dernières saisons oscillait autour de 50 à 70 millions d’euros. On parlerait donc d’une augmentation potentielle de 100 à 200%, ce qui expliquerait les rumeurs insistantes d’un été agité sur la Canebière.
L’espoir et le risque, les deux faces d’une même pièce
Pour les supporters marseillais, la perspective est évidemment grisante. Un mercato ambitieux, des recrues de standing, une vraie montée en puissance sportive après des années de montages financiers contraints. Mais le modèle imaginé par McCourt comporte aussi ses zones d’ombre.
Car si Greenwood part sans qu’une solution de remplacement soit trouvée rapidement, l’équilibre sportif de l’effectif pourrait être fragilisé au moment précis où l’OM tente de confirmer ses ambitions européennes. Et la dépendance à l’entrée d’un nouvel investisseur — dont les négociations sont encore en cours — introduit une incertitude réelle dans l’équation. Si ce dossier tarde, ou n’aboutit pas, tout l’édifice financier pourrait être revu à la baisse.
L’été 2026 s’annonce donc comme un moment charnière dans l’histoire récente du club phocéen. Pas seulement sur le plan sportif, mais dans sa façon même de se penser et de se construire. L’OM est peut-être en train de passer d’un club géré à l’intuition à un projet piloté par des indicateurs financiers précis. Une modernisation nécessaire, à condition que les pièces du puzzle s’assemblent dans le bon ordre.
McCourt a le plan. Il ne reste plus qu’à l’exécuter.


