OM : Marbella, le laboratoire de la relance phocéenne

L’Olympique de Marseille entame ce lundi un stage décisif à Marbella, en pleine tempête sportive. Habib Beye, nouveau maître à bord, y voit l’occasion unique de recoudre un vestiaire fracturé et de préparer l’assaut final pour une qualification européenne.

L’équipe s’envole dès aujourd’hui pour l’Andalousie, avec un retour programmé vendredi, pile avant la réception cruciale de Lyon au Vélodrome. Après la claque concédée face à Brest (0-2), ce « ritiro » espagnol n’est pas un simple voyage de préparation : c’est un laboratoire pour tester les fondations d’une saison en péril. Quatrième au classement, l’OM oscille entre podium et dérive, et Beye sait que le temps presse dans ce sprint final.

Cohésion avant tout

Ghislain Printant, ancien adjoint de Jean-Louis Gasset, avait déjà souligné l’urgence d’une telle parenthèse. « Cette équipe, avec ses nouvelles têtes hivernales et un coach fraîchement débarqué, doit se découvrir », insistait-il récemment dans La Provence. À Marbella, l’accent portera sur la fusion du groupe : ateliers mentaux pour aligner les ambitions, séances collectives pour recréer des automatismes, et moments informels loin des projecteurs pour apaiser les tensions.

Beye, consultant passé entraîneur intérimaire, mise sur cette bulle isolée pour imposer sa patte. Pas de stars intouchables, pas de clans : juste un collectif recentré. Les recrues récentes, encore en rodage, y trouveront l’espace pour s’intégrer, tandis que les cadres seront poussés à exemplifier. Historiquement, ces stages andalous ont souvent servi de catalyseur – souvenez-vous des étincelles post-Marbella sous les ères précédentes, où l’OM avait su transformer le doute en série positive.

Vers un choc lyonnais transformé

Au-delà du mental, le programme physique vise à corriger les errements récents : une intensité accrue pour affronter un calendrier infernal, avec Lyon en Ligue 1 puis Toulouse en Coupe de France. Si le stage débloque la machine, la réception des Gones dimanche pourrait marquer le tournant : une victoire propulserait Marseille vers les cimes européennes, validant les choix de Beye.

Car l’enjeu dépasse le court terme. Propriété récente de Mourad Boudjellal ou non, l’OM porte l’héritage d’un public exigeant et d’une ville en ébullition. Marbella n’est pas qu’un dépaysement ; c’est le creuset où naîtra – ou pas – la version combative attendue pour la fin de saison. Printant y croyait encore récemment : « Si l’OM bat Lyon, tout bascule. » Beye, lui, en fait le point de départ d’une métamorphose.

Dans cinq jours, le verdict tombera sur le terrain. Pour l’instant, Marbella murmure la promesse d’un OM renaissant, prêt à reconquérir son destin.