OM : Longoria se sent trahi !

Rien ne semble jamais paisible à Marseille. Après avoir incarné le renouveau de l’Olympique de Marseille, Pablo Longoria vit aujourd’hui ses derniers instants au club, dans un climat de défiance et de rancune.

L’Espagnol, écarté des décisions par Frank McCourt au profit de Medhi Benatia, accuse le coup. Selon plusieurs sources proches du dossier, le président de l’OM est profondément blessé par cette mise à l’écart qu’il n’a pas vue venir.

Le divorce consommé au sommet

Les dernières heures ont confirmé la rupture entamée depuis plusieurs semaines entre Longoria et Benatia. Mardi, le communiqué officiel annonçant la montée en puissance de l’ancien défenseur marocain a agi comme un coup de massue. Le texte, évoquant un rôle désormais « principalement institutionnel » pour Longoria, a été publié sans que ce dernier en soit informé au préalable. Un affront, glisse son entourage, qui aurait fini de fissurer une relation déjà abîmée.

Depuis le départ de Roberto De Zerbi, avec qui il formait un trio respecté, Longoria s’était retrouvé isolé dans les sphères décisionnelles. McCourt, inquiet de la tournure des événements sportifs, a choisi de confier la direction opérationnelle à Benatia, adoubé pour son discours franc et son approche directe avec le vestiaire. Une décision que Longoria juge précipitée, voire injuste, lui qui avait longtemps porté le projet phocéen à bout de bras.

Un président désabusé, un directeur renforcé

Ces derniers jours, le président espagnol a préféré se tenir à distance, boudant notamment la Commanderie et la réunion avec les joueurs. L’ambiance y était lourde, tant les incertitudes pèsent sur l’avenir de chacun. McCourt a tenté d’apaiser les esprits, assurant que le club « avance vers une nouvelle étape », tout en annonçant l’arrivée prochaine d’un nouveau président. Une manière polie d’acter la fin de l’aventure Longoria, désormais sur le départ.

En coulisses, l’Espagnol s’estime trahi par son directeur du football. Ses proches évoquent même une manœuvre de Benatia, soupçonné d’avoir laissé courir le vent de contestation qui s’est abattu sur le président lors du match nul contre Strasbourg. Les banderoles hostiles au duo Longoria–McCourt, où le nom de Benatia brillait par son absence, ont fini d’alerter l’intéressé. Le message du public, sans ambiguïté, a résonné comme un avertissement politique dans la guerre froide interne à l’OM.

Une page se tourne, encore

Pour McCourt, qui se veut pragmatique, l’heure est venue de fermer un cycle et d’en ouvrir un autre. L’homme d’affaires américain n’a jamais trouvé la stabilité qu’il espérait sur la Canebière, et la valse des dirigeants se poursuit. La discussion à venir avec Longoria devrait se dérouler « dans le respect », assure-t-on, pour solder une collaboration qui aura marqué l’histoire récente du club par son ambition, mais aussi par ses tensions internes.

Reste désormais à savoir si Benatia, désormais seul maître à bord, saura redresser la barre dans un contexte explosif. À Marseille, le pouvoir change souvent de mains, mais les secousses, elles, demeurent.