OM : la prorité de Stéphane Richard n’est pas le sportif

Il ne veut pas être un président de passage. Depuis son arrivée à la tête de l’Olympique de Marseille, Stéphane Richard a posé ses valises avec une intention claire : reconstruire le club sur des bases solides, loin de l’agitation permanente qui a longtemps caractérisé la vie interne du Vélodrome.

Le premier message de Richard est peut-être le plus symbolique. Celui qui se définit lui-même comme un « chef d’orchestre » entend mettre un terme au turnover endémique qui a miné l’OM ces dernières années — entraîneurs débarqués en cours de saison, directeurs sportifs éphémères, lignes de recrutement redessinées à chaque mercato. Une instabilité chronique qui a coûté cher, sportivement comme financièrement.

Son projet se veut structurel et inscrit dans la durée. Pas question d’une présidence de deux ou trois saisons avant de passer la main. Richard parle de plusieurs exercices, d’une vision à construire pierre par pierre. Dans un club habitué aux faux départs, c’est déjà un signal fort.

La Ligue des Champions comme boussole

Sur le plan sportif, l’ambition est nette et assumée. À court terme, l’objectif affiché est une qualification directe en Ligue des Champions dès cette saison, ce qui implique de terminer dans les trois premiers de Ligue 1. Un cap ambitieux, mais que Richard présente comme non négociable pour enclencher la dynamique souhaitée.

À moyen terme, la barre est placée encore plus haut : faire de l’OM l’un des vingt meilleurs clubs d’Europe et se qualifier chaque année pour la plus grande compétition continentale. Pour y parvenir, Richard entend capitaliser sur les atouts qui font la singularité du club — une marque puissante, un stade parmi les plus impressionnants de France, et un public parmi les plus passionnés du continent.

Assainir sans se paralyser

Sur la question financière, la ligne de Richard est plus subtile qu’un simple plan d’austérité. Il ne s’agit pas de bloquer les dépenses, mais d’en finir avec les gaspillages : les recrutements mal ciblés, les organigrammes mal construits, les décisions prises dans l’urgence. L’idée est de dépenser mieux, pas nécessairement moins.

Quant à son rôle dans la gouvernance, il est sans ambiguïté : le président tranche sur les décisions majeures — et uniquement celles-là. Richard ne se voit ni en entraîneur de l’ombre ni en commentateur improvisé. Il veut un club où chacun connaît son périmètre, et le respecte.

Un projet crédible ?

Il est encore tôt pour mesurer la solidité de ce projet. Mais dans un club qui a trop souvent brûlé ce qu’il adorait, le simple fait d’entendre un dirigeant parler de stabilité, de cohérence et d’horizon long terme résonne différemment. Marseille attend. Le Vélodrome, lui, n’a jamais cessé d’y croire.