OM – Aubameyang analyse froidement la saison, « on s’est sabordés »

Il aurait pu attendre le coup de sifflet final. Pierre-Emerick Aubameyang n’a pas cette patience. À quelques journées de la fin de la Ligue 1, l’attaquant de l’Olympique de Marseille a livré une analyse lucide et sans complaisance d’un exercice 2025-2026 qu’il juge profondément décevant — quoi qu’il arrive désormais au classement.

Interrogé par Maritima Médias, l’international gabonais de 36 ans n’a pas cherché à enjoliver la réalité : « C’est une saison en demi-teinte, on va dire. Pour moi personnellement, c’est sûr que c’est décevant. » Une qualification en Ligue des Champions en fin de saison ne suffirait pas à effacer l’amertume. L’attaquant visait bien plus haut au moment de prolonger l’aventure marseillaise l’été dernier.

« Quand je suis revenu, j’avais à cœur de faire mieux, que ce soit en Ligue des Champions ou en championnat. J’aimerais jouer le titre comme le fait Lens », a-t-il confié, laissant pointer une forme d’envie — voire de jalousie — envers les Sang et Or, capables de tenir tête à un PSG pourtant affaibli sur la première partie de saison. Un rôle de prétendant au titre qu’Aubameyang estime « normalement » dévolu à l’OM.

Janvier, le tournant manqué

Ce qui ronge le plus l’avant-centre, c’est le sentiment d’une occasion gâchée de l’intérieur. L’élimination en Ligue des Champions dès la phase de poules, puis la sortie en quarts de finale de la Coupe de France face à Toulouse au Vélodrome (2-2, 3-4 aux tirs au but) : deux coups d’arrêt que PEA refuse d’attribuer à un manque de qualité collective.

« La saison a été déterminée par le fait qu’on se soit mis le feu un peu tout seuls. On s’est sabordés, parce qu’au mois de janvier, on était encore partout et tout était faisable », analyse-t-il. Le diagnostic est sévère mais cohérent : une équipe capable de très belles prestations, mais rongée par une instabilité chronique qui l’a empêchée de confirmer dans les moments décisifs.

Le bruit marseillais, ennemi numéro un

Au-delà des résultats, Aubameyang pointe une cause structurelle bien connue des observateurs du club phocéen : l’incapacité à s’isoler du vacarme ambiant. « Quand tu joues à Marseille, il faut être vraiment dans sa bulle. Cette année, ça a déstabilisé le groupe. C’est compréhensible parce qu’il y a beaucoup de nouveaux joueurs et de jeunes qui ne connaissent pas forcément ce contexte. »

Sans nommer personne, le message est limpide : les turbulences internes et externes ont eu raison de la cohésion d’un effectif trop remanié pour absorber la pression marseillaise.

Aubameyang partant pour continuer

Sous contrat jusqu’en 2027 et convaincu d’être encore au niveau, l’ancien Stéphanois se dit prêt à rempiler la saison prochaine. Il semble partager la vision du nouveau président Stéphane Richard, qui a fait de la stabilité sa priorité absolue.

À Marseille, la reconstruction commence toujours par un constat d’échec. Cette fois, c’est l’un des joueurs cadres qui ose le prononcer à voix haute — et c’est peut-être là le premier signe que quelque chose change vraiment.