OL : le miracle Endrick peut-il durer ?

Quand un gamin de 19 ans débarque en prêt du Real Madrid et signe un hat-trick contre Metz, l’OL retrouve des couleurs. Mais derrière la magie, qu’est-ce qui se passe vraiment au Groupama Stadium ?

Endrick. Ce nom résonne déjà comme un cri de guerre dans les travées de Lyon. Prêté par le Real Madrid en janvier, le Brésilien a débarqué pile quand l’OL touchait le fond, englué dans une saison chaotique. Et bam, dès son troisième match, un triplé contre Metz – un exploit qui a fait trembler les filets et les certitudes. J’ai couvert des dizaines de derbys rhônalpins, et là, on sentait une étincelle rare : ce gosse pivote, accélère, conclut avec une froideur qui défie ses 19 ans. Sauf que les chiffres se contredisent un peu – trois buts en trois sorties, oui, mais zéro passe décisive, et une moyenne de tirs cadrés encore fragile. On ne sait pas encore si c’est le sauveur ou juste un feu de paille.

L’OL INVINCIBLE ? ATTENTION AU RETOUR DE MANCHE

Douze victoires d’affilée, un PSG bousculé à Strasbourg malgré l’expulsion de Vitinha, et voilà Lyon qui flirte avec le podium. Et pourtant, j’ai vu ces montagnes russes de près : l’an dernier, ils étaient déjà montés en flèche avant de s’écrouler comme un château de cartes face à Lille. Endrick y est pour beaucoup, avec sa hargne sud-américaine qui colle parfaitement au pressing de Sage. Mais les limites pointent : blessures en cascade au milieu, une défense qui craque sur coups de pied arrêtés, et ce mercato hivernal qui n’a pas vraiment épaissi le banc. Hier soir, contre un Angers vaillant, il a encore marqué, mais l’équipe a peiné à tenir le score – 2-1, arraché dans la douleur.

Les observateurs doutent, et à raison. Endrick porte le maillot floqué 99, mais il traîne aussi l’étiquette du phénomène surmédiatisé : au Real, Ancelotti l’avait relégué sur le banc, préférant les anciens. À Lyon, il explose, boosté par la confiance de Sage et un vestiaire affamé. Reste à voir si cette bonne passe tient la distance – les derbys contre Saint-Étienne et les chocs européens approchent, et là, pas de quartier. On sent l’OL revivre, vibrant d’une énergie brute, presque animale. Mais le foot, c’est traître : un faux pas, et tout peut basculer.