José Mourinho n’a pas mis longtemps à rappeler pourquoi il reste l’un des entraîneurs les plus imprévisibles du football européen.
Dimanche dernier, le « Special One » a encore fait parler de lui, mais pas pour une masterclass tactique. Après l’égalisation arrachée par Benfica dans les derniers instants contre Porto (2-2), l’entraîneur portugais a cédé à ses vieux démons : une provocation, une altercation et, au final, une sanction exemplaire.
Une colère qui coûte cher
Tout est parti d’un geste d’humeur, typiquement « mourinhien ». Frustré par le scénario du match, Mourinho a dégagé un ballon en direction du banc adverse, déclenchant immédiatement des tensions entre les staffs de Benfica et de Porto. L’arbitre n’a pas hésité : carton rouge et expulsion du technicien lisboète. Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. Quelques minutes plus tard, devant les caméras, l’ancien coach du Real Madrid et de Chelsea s’en est pris verbalement à Lucho Gonzalez, adjoint de Francesco Farioli, accusé selon lui d’avoir « manqué de respect ».
La Ligue portugaise a rapidement réagi. Réunie en début de semaine, la commission de discipline a infligé une double peine à Mourinho : une suspension immédiate pour le prochain match des Aigles à Arouca, à laquelle s’ajoutent onze jours supplémentaires d’interdiction de banc et une amende de 3 825 euros. Concrètement, l’entraîneur manquera aussi la réception du Vitória Guimarães, prévue le samedi 21 mars au stade de la Luz.
Un coup dur pour Benfica, engagé dans une lutte serrée pour le titre, où chaque point compte. « Je paie pour ma passion, mais je n’ai insulté personne », a déclaré Mourinho en marge de la décision. Une défense qui n’a pas convaincu la Ligue, décidée à marquer un coup d’arrêt face à ses débordements.
Benfica sous pression, Mourinho sur la sellette ?
Au-delà de la sanction, cet épisode ravive le débat sur l’impact de Mourinho au Benfica. Arrivé l’été dernier avec la promesse de ramener le club au sommet, le Portugais suscite autant d’attentes que de controverses. Son tempérament volcanique, longtemps perçu comme une force psychologique, commence à agacer certains dirigeants et supporters, surtout quand ces accès de colère se traduisent par des absences cruciales sur le banc.
À Arouca comme face à Guimarães, ce sera donc son adjoint Rui Faria qui dirigera l’équipe. Et dans une Liga portugaise ultra compétitive, deux matchs sans le « patron » pourraient peser lourd, d’autant que Porto et le Sporting n’attendent que la moindre défaillance des Lisboètes pour reprendre l’avantage.
L’histoire se répète : José Mourinho, symbole de passion et de controverse, voit une nouvelle fois sa personnalité prendre le dessus sur la stratégie. À 63 ans, le Special One continue de fasciner autant qu’il divise. Reste à voir si, cette fois, Benfica en paiera le prix fort.


