Arthur Bauchet illumine Cortina : l’or pour sauver la journée des Bleus aux Jeux paralympiques

Le skieur tricolore a décroché un cinquième titre paralympique ce vendredi à Cortina d’Ampezzo, dans un géant maîtrisé de bout en bout. Un rayon de soleil dans une journée difficile pour la France, sans médaille en biathlon ni en snowboard.

À Cortina d’Ampezzo, la neige a brillé au rythme d’Arthur Bauchet. Trois jours après son sacre en combiné alpin, le skieur de Saint-Tropez a remis ça vendredi en dominant le slalom géant (2 min 07 s 76), reléguant le Suisse Robin Cuche à près de deux secondes. À 25 ans, il décroche ainsi le cinquième titre paralympique de sa carrière, et porte à onze son total de médailles en trois Jeux. Une performance majuscule qui contraste avec la morosité d’un clan français en panne de réussite dans les autres disciplines.

Bauchet, le moteur d’une équipe en quête d’élan

Au pied du podium, ses compatriotes Jules Segers, Oscar Burnham et Jordan Broisin ont tout donné, sans parvenir à s’immiscer sur le podium. « C’était cool de nous voir un moment les trois devant, même si la journée n’a pas été simple », confiait Broisin, porte-drapeau lucide sur la difficulté du jour pour les Bleus.
Dans un contexte où la France peine à engranger les médailles (onze au total à deux jours de la fin des Jeux), Bauchet endosse plus que jamais le rôle de locomotive du groupe. Sa sérénité et sa constance inspirent, comme en témoigne sa réaction d’après-course : « Je n’ai pas voulu calculer. Quand j’ai vu mon avance, j’ai su que j’avais réussi. »

Mais pour les autres disciplines, la journée a tourné à la désillusion. Les espoirs du snowboard français se sont évaporés sur la neige de Cortina. Cécile Hernandez, sacrée en cross cinq jours plus tôt, a échoué au pied du podium en Banked Slalom (4e), épuisée émotionnellement après une saison tronquée. « C’est une journée de merde », lâchait-elle, les larmes aux yeux. À 51 ans, elle n’exclut pourtant pas de prolonger sa carrière jusqu’en 2030, preuve que la flamme brûle encore.

Même amertume pour Maxime Montaggioni, sixième de la catégorie SB-UL et loin de la médaille glanée quatre ans plus tôt. « Il y avait meilleur aujourd’hui », admettait-il, avant de confier son envie de poursuivre une ou deux saisons « pour le plaisir » et pour soutenir la relève d’un snowboard français en reconstruction.

La frustration s’est également invitée à Tesero, où les biathlètes tricolores Benjamin Daviet (6e), Karl Tabouret (11e) et Anthony Chalençon (9e, avec son guide Florian Michelon) ont payé cher leurs fautes au tir. Aucun n’a su transformer l’énergie du sprint-poursuite en podium, laissant la France sans médaille dans la discipline.

Au terme de cette journée contrastée, Arthur Bauchet apparaît comme la lumière solitaire des Bleus. Son or scintille d’autant plus fort qu’il a su rallumer l’espoir d’une délégation qui en avait bien besoin. Deux jours encore pour vibrer – et espérer d’autres sourires français sur la neige italienne.