Ambitieuse et sous pression, l’ASSE s’apprête à jouer une partie décisive sur le marché d’hiver pour relancer sa course vers la montée.
Le mercato hivernal s’ouvre dans un climat électrique à Saint-Étienne, où la première partie de saison a laissé un goût d’inachevé malgré un effectif largement remanié l’été dernier. Soutenus par la puissance financière de Kilmer Sports Ventures, les Verts savent que janvier ne pourra pas être un simple ajustement, mais bien un temps fort stratégique pour corriger les déséquilibres d’un groupe encore trop inconstant. Dès les premiers jours de la fenêtre, la direction veut envoyer un signal fort, à la fois à l’effectif et à la concurrence en Ligue 2.
Un hiver sous haute tension pour les Verts
Dans les couloirs de Geoffroy-Guichard, une réalité s’impose : l’ASSE ne peut plus se contenter de retouches à la marge si elle veut sécuriser la montée. Plusieurs sources évoquent un mercato « XXL », avec jusqu’à quatre renforts ciblés, et surtout une enveloppe globale qui pourrait approcher les 10 millions d’euros, un niveau rarement vu en Ligue 2. La priorité absolue se situe au milieu de terrain, où les dirigeants visent un sentinelle capable de donner de l’équilibre et du caractère à l’équipe, idéalement un joueur aguerri à la Ligue 1. Un latéral gauche, un défenseur central gaucher et un milieu créatif figurent également en bonne place sur la short-list, preuve que le chantier est vaste.
Cet appétit vient aussi répondre à un contexte délicat : malgré des investissements massifs depuis l’arrivée de Kilmer, les résultats ne collent pas encore aux ambitions affichées. La direction sportive marche donc sur une ligne de crête, entre la nécessité de densifier un groupe miné par les blessures et l’obligation de conserver une cohérence d’effectif pour ne pas déséquilibrer un vestiaire déjà bousculé. Les profils étudiés doivent ainsi combiner expérience immédiate et potentiel de revente, une équation devenue centrale dans la politique de recrutement stéphanoise.
Au cœur de ce ballet d’arrivées envisagées, l’ASSE a aussi choisi de verrouiller ses joyaux les plus prometteurs. Début janvier, le club doit officialiser la signature du premier contrat professionnel de Paul Eymard, milieu issu du centre de formation, suivi par de grands clubs européens mais décidé à prolonger l’aventure dans son club formateur. L’international U18 français, déjà aperçu en Coupe de France, est appelé à s’installer progressivement dans la rotation d’Eirik Horneland pour la seconde partie de saison, ajoutant une option technique supplémentaire dans l’entrejeu. Ce choix, très symbolique, illustre la volonté des Verts de ne plus brader leurs meilleurs jeunes au moment même où le projet sportif se durcit.
Reste que cet hiver pourrait aussi redistribuer certaines cartes en interne, à commencer sur le banc. Eirik Horneland, conforté officiellement mais régulièrement questionné dans le débat public, sait qu’il sera jugé sur sa capacité à intégrer rapidement les renforts et à transformer ces moyens en résultats concrets. Avec un championnat extrêmement serré en haut de tableau, chaque recrue manquée ou mal utilisée peut peser lourd en fin de saison, et la question n’est plus de savoir si l’ASSE va se renforcer, mais si elle saura le faire mieux que les autres. Dans ce contexte, le mercato d’hiver ressemble moins à une opportunité qu’à une obligation de résultat pour tout un club.

