En pleine désillusion sportive, les supporters de l’OM ont frappé fort ce vendredi soir face à Auxerre. Avant même le coup d’envoi, le Virage Sud a choisi le silence pour exprimer sa colère : « 45 minutes de silence pour une saison d’humiliations ». Un symbole aussi fort que cinglant dans un Vélodrome d’ordinaire bouillonnant.
Ils ont choisi le mutisme plutôt que les fumigènes. À l’occasion de la réception de l’AJ Auxerre, les fidèles du Virage Sud ont affiché une banderole sans équivoque : « 45 minutes de silence pour une saison d’humiliations ». Derrière ce message, une amertume profonde face à une saison où les promesses d’Europe et de regain de fierté ont volé en éclats. L’Olympique de Marseille, fidèle à ses montagnes russes, vit une nouvelle période de crise de confiance, autant sur la pelouse qu’en tribunes.
Un silence lourd de sens
Ce mutisme collectif n’avait rien d’anodin. Dans un stade où le moindre but, la moindre action, provoque d’ordinaire une déferlante de chants et de clameurs, le silence a résonné comme une gifle. Les supporters ont voulu marquer un coup d’arrêt après des mois de désillusions : une Ligue des champions quittée dès les phases de groupe, une Coupe de France abandonnée trop tôt, et un championnat où le club peine à exister dans le haut du tableau. Pour une ville où le football est une religion, la digestion est difficile.
Ce message intervient aussi dans un climat de lassitude généralisée. Depuis plusieurs mois, la fracture entre le public marseillais et son équipe s’est creusée. Les espoirs placés dans Habib Beye, nommé pour ramener un peu d’ordre et d’identité, peinent à se matérialiser. Malgré quelques sursauts prometteurs, l’OM a perdu cette flamme qui faisait jadis trembler le Vélodrome.
Habib Beye face au défi de la reconquête
Habib Beye, qui connaît mieux que quiconque la ferveur du peuple marseillais, sait que la reconquête ne passera pas uniquement par les résultats. Il s’agit de retrouver une âme, un style de jeu, et surtout une connexion émotionnelle avec les tribunes. « On sait ce que représente ce club, on sait ce qu’il faut pour rallumer la flamme », confiait récemment le coach, conscient du poids symbolique de ce “silence protestataire”.
Pour les joueurs, la soirée contre Auxerre devait marquer un nouveau départ, celui d’une réconciliation espérée avec leur public. Mais à Marseille, les mots ne suffisent plus : seules les victoires, la combativité et la fierté sur le terrain pourront inverser la tendance.
Le message du Virage Sud, aussi sobre qu’assourdissant, vient rappeler que le Vieux-Port ne pardonne pas facilement. L’OM est plus qu’un club : c’est un lien viscéral entre un peuple et une équipe. Et ce lien, aujourd’hui fragilisé, n’attend qu’un acte fort pour vibrer à nouveau.

