Pape Diouf a réagi pour la première fois à sa garde à vue de 36 heures à Marseille concernant les transferts suspects de l’OM. L’ancien président du club phocéen assure que rien ne lui a été reproché dans cette affaire et s’insurge du traitement qui lui a été réservé.

Pape Diouf n’a pas apprécié. Placé en garde à vue mardi matin, comme ses successeurs Jean-Claude Dassier et Vincent Labrune, l’ancien président de l’OM en est ressorti mercredi soir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas apprécié. Je suis absolument ébouriffé, étonné, surpris d’avoir été dans cette affaire, dans cette garde à vue puisqu’à la sortie des 36 heures, je suis incapable de vous donner la moitié d’un grief qui m’aura été fait, s’est-il insurgé auprès de RMC. Selon lui, il n’y avait pas besoin de lui infliger ce traitement. Une convocation aurait suffit pour lui permettre de répondre aux questions des enquêteurs. Surtout que rien ne lui a été reproché dans cette affaire concernant des commissions versées en parallèle à plusieurs transferts.

Le juge avait peut-être besoin de mes lumières


Ni le transfert de Samir Nasri, dont j’aurai l’occasion de toute façon de parler et de reparler définitivement, ni le transfert de Drogba, puisque là aussi il paraît que cela a été dit, ni de rien du tout. Rien dans la gestion antérieure qui a été la mienne n’a été véritablement évoqué, n’a été dit. Les seules questions dont j’ai été l’objet, c’étaient, à la limite, des questions de compréhension. Comment on gère un club ? Comment on fait un transfert ? Comment on peut signer un contrat ? Comment on peut le prolonger ?, explique Diouf, qui ne comprend pas vraiment ce qu’il fait dans cette histoire : L’explication que le juge m’a fournie est qu’il s’agit d’une affaire globale dans laquelle il souhaitait que tous les gens soient mis à la même enseigne. Mais même dans cet échange avec le juge, j’ai senti chez lui une espèce de gêne. Quelque part, il était convaincu que je n’avais pas ma place là où j’étais en garde à vue. Il avait peut-être besoin de mes lumières pour comprendre certaines choses, mais il n’y avait pas besoin de prendre une telle mesure.

L’ancien journaliste et agent de joueur en veut à la justice. Je ne suis pas de ceux qui disent qu’il faut laisser la justice faire son travail. Je ne suis pas dans ce type de clichés. Je respecte la justice, mais dans cette affaire-là, cette institution s’est complètement manquée car moi, en ce qui me concerne, rien ne m’a été reproché, lance-t-il, allant jusqu’à avancer la théorie du complot : J’en suis à me demander si l’on ne me cherche pas des noises pour avoir dénoncé à un moment donné les quotas dans le foot, pour avoir commenté la prestation de l’équipe de France lors de la Coupe du monde au Brésil et plus récemment pour avoir alerté sur les propos de Willy Sagnol, se demande-t-il dans un autre entretien accordé au Monde. Aucune poursuite n’a été engagée, pour l’instant, contre Pape Diouf ou l’une des quatorze autres personnes placées en garde à vue, dont Jean-Claude Dassier et Vincent Labrune.