Longtemps considérée comme intouchable, la Juventus entre dans une zone de turbulences inédite. Fragilisé par les crises qui secouent l’empire Agnelli-Elkann, le club turinois apparaît désormais comme un actif exposé, au point que la perspective d’une vente, jadis taboue, s’invite ouvertement dans le débat.
Le refus spectaculaire de l’offre de Tether, évaluant la Juve à 1,1 milliard d’euros avec des promesses d’investissements massifs, a agi comme un révélateur. En parallèle, des rumeurs insistantes évoquent un intérêt saoudien autour des 2 milliards, seuil symbolique défendu par Exor. Sans confirmation officielle, ces signaux suffisent pourtant à modifier la perception : la Juventus n’est plus un sanctuaire imprenable, mais un club désormais « attaquable ».
Cette instabilité rejaillit directement sur le mercato et la gouvernance sportive. Entre prudence financière, ventes potentielles et recrutements ciblés, chaque décision devient politique. Dans une Serie A déjà fragile, la situation de la Juve fait office de baromètre : si Turin tremble, c’est tout le football italien qui retient son souffle, suspendu aux choix d’Exor et à l’avenir d’un modèle familial en fin de cycle.

