Giroud peut-il sauver le LOSC ?

Olivier Giroud porte les Dogues sur ses épaules usées par les années. À 39 ans, l’ancien Milanais peut-il inverser la trajectoire d’un Lille englué dans la médiocrité européenne et accroché au top 5 en Ligue 1 ?

Le LOSC traverse une saison en demi-teinte : cinquième avec 37 points après 23 journées, les Nordistes affichent 10 victoires, 7 nuls et 6 défaites en championnat, marqués par une irrégularité chronique – une défaite 1-4 contre Strasbourg en J19, un nul frustrant à Metz en J21. En Ligue Europa, le bilan est encore plus alarmant : onzièmes avec 6 points en phase de ligue, éliminés aux 16es par l’Étoile Rouge (défaite 0-1 aller, retour demain). Bruno Génésio, sous pression malgré le soutien d’Olivier Létang, peine à insuffler de la cohérence à un effectif talentueux mais fragile.

Giroud, l’homme providentiel sous le feu des critiques

Pourtant, Giroud surgit comme un recours inattendu. Recruté l’été dernier en provenance de LAFC, l’attaquant tricolore cumule 7 buts et 1 passe décisive en 28 apparitions en Ligue 1, plus 3 buts en 8 matchs européens – un total modeste mais décisif dans les moments chauds. Son penalty à la 45+1e minute vendredi contre Angers (0-1) a arraché trois points vitaux, prolongeant une série où il a sauvé Lille à plusieurs reprises : le 90+2e contre Fribourg en Europa League, ou les doublés contre Brann et Rome. « L’énorme soulagement après cette victoire », lâchait-il lui-même post-match, soulignant son rôle de leader dans un collectif où Hamza Igamane (9 buts toutes compétitions) reste trop esseulé.

Giroud incarne l’expérience que Lille recherche pour viser l’Europe, sa vista aérienne et son sang-froid compensant une mobilité déclinante. Mais les doutes persistent : une disette de huit matchs sans marquer avant Angers, qualifiée de « saison de trop » par Jean-Michel Larqué, et une frustration affichée après le nul à Metz. À 39 ans, peut-il porter seul une attaque dépendante de jeunes comme Haraldsson ou Correia, dans un système génésien critiqué pour son manque d’impact collectif ? Le verdict des prochaines semaines, avec Nantes en Ligue 1 et le retour européen, sera impitoyable.